Le procès de six membres de l'ETA s'ouvre à Paris

Le public vient assister au procès d'etarras présumés qui comparaissent pour le meurtre d'un policier, au palais de justice de Paris le 2 novembre 2015 [JACQUES DEMARTHON / AFP] Cinq hommes et une femme, membre de l'ETA comparaissent devant une cour composée de magistrats professionnels. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Le procès de six etarras jugés pour le meurtre d'un policier français en 2010, dernière victime de l'organisation séparatiste basque ETA en France, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Cinq hommes et une femme comparaissent devant cette cour composée de magistrats professionnels, parmi lesquels Mikel Carrera Sarobe, 42 ans, alias "ata", ex-numéro 1 de l'appareil militaire de l'ETA. "Gola ETA" ("Vive l'ETA", en basque) a lancé l'ancien chef militaire en entrant dans le box des accusés, le poing levé.

A l'ouverture des débats, sa camarade Izaskun Lesaca Arguelles, alias "Ane", 39 ans, a pris la parole pour lire une brève déclaration au nom des "six militants de l'ETA". "Nous ne reconnaissons pas la légitimité de la République française pour nous juger. Nous ne reconnaissons que la légitimité du peuple basque", a-t-elle dit, expliquant que les accusés ne se lèveraient pas, comme il est d'usage, lors de l'entrée ou de la sortie de la cour dans la salle d'audience.

Croquis d'audience montrant notamment l'etarra Mikel Kabikoitz Carrera Sarobe (c) le 2 avril 2013 devant la cour de justice de Paris [Benoit Peyrucq / AFP/Archives]
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Croquis d'audience montrant notamment l'etarra Mikel Kabikoitz Carrera Sarobe (c) le 2 avril 2013 devant la cour de justice de Paris
 

Placée sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, l'ETA est tenue pour responsable de la mort d'au moins 829 personnes, notamment dans des attentats, au nom de sa lutte pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Elle a renoncé à la violence en octobre 2011. Sa dernière victime authentifiée est un policier français, le brigadier-chef Jean-Serge Nérin, tué lors d'une fusillade à la suite d'un banal contrôle d'identité en mars 2010 en région parisienne.

Mikel Carrera Sarobe, considéré comme un dur et déjà condamné en 2013 à la perpétuité à Paris pour l'assassinat de deux jeunes gardes civils en 2007 à Capbreton (sud-ouest), est soupçonné d'être l'auteur du coup de feu mortel. A ses côtés comparaît Xabier Goyenechea Iragorri, 35 ans, lui aussi suspecté d'avoir tiré lors de la fusillade qui a coûté la vie au policier, ainsi qu'une figure d'ETA, l'ex-lieutenant de Sarobe, Arkaitz Aguirregabiria del Barrio, alias Kemen, 32 ans. Selon des sources judiciaires, ce dernier jouait un rôle crucial dans le recrutement et la formation de jeunes activistes. Deux autres militants basques comparaissent: Joseba Fernandez Aspurz, 31 ans, et Iosu Urbieta Alcorta, 37 ans.

L'ETA avait admis être l'auteur de la fusillade en affirmant qu'elle avait eu lieu "contre sa volonté" et en tentant de rejeter la responsabilité sur la police française accusée d'avoir ouvert le feu la première.

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