45e anniversaire de la mort du général de Gaulle : un héritage toujours vivant

Le général de Gaulle à l'Elysée en 1964 Le général de Gaulle à l'Elysée en 1964 [AFP / Archives]

Quarante-cinq ans après sa disparition, il reste plus présent que jamais. Victime d’une rupture d’anévrisme le 9 novembre 1970, l’ancien chef de la France libre et fondateur de la Ve République a laissé un héritage que l’on revendique encore aujourd’hui d’un bout à l’autre de l’échiquier politique. 

Ce lundi 9 novembre à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne), la commémoration organisée en son honneur réunit la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), le président du Sénat Gérard Larcher (LR), le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et le député européen Florian Philippot (FN). Une diversité qui illustre l’unanimité autour de l’homme du 18 Juin, dont la popularité semble intacte depuis l’hommage que lui avaient rendu le lendemain de sa mort un demi-million de Parisiens, défilant sous la pluie pour déposer des fleurs sous l’Arc de triomphe. Depuis, la place de l’Etoile est devenue place Charles-de-Gaulle. 

Un personnage mythique

«La figure du général de Gaulle est devenue aussi incontestable que la Révolution française», note le communicant politique Philippe Moreau Chevrolet. De fait, le positionnement «au-dessus des partis», prôné par l’homme d’Etat tout au long de sa carrière, permet à l’ensemble de la classe politique de marcher, à intervalle régulier, dans les pas du géant.

A droite, c’est son autorité et sa vision de la grandeur de la France qui sont souvent évoquées. Tandis qu’Henri Guaino loue «le volontarisme gaullien» et «la haute exigence morale du gaullisme», Nicolas Sarkozy y voit l’art «de concilier la tradition et la révolution».

A gauche, on cite l’homme résistant, afin de se réapproprier une personnalité longtemps honnie. «Ce n’est qu’à l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, en 1981, que de Gaulle est devenu consensuel», souligne Philippe Moreau Chevrolet. Jusque-là, il était encore critiqué par les socialistes. Mais lorsque Mitterrand a embrassé les institutions de la Ve République, fondée par de Gaulle, celui-ci est passé de personnalité politique à figure historique.

Même le FN l’a adopté après lui avoir longtemps reproché l’indépendance de l’Algérie. A l’instar d’autres politiciens anti-européens, les frontistes s’appuient sur le souverainisme de De Gaulle pour justifier leur opposition à Bruxelles.

Des circonstances exceptionnelles

Citer de Gaulle revient donc à «retourner aux sources, aux valeurs de courage, de grandeur républicaine», ajoute Philippe Moreau Chevrolet. Une personnalité exceptionnelle qui a su émerger dans des circonstances exceptionnelles. Charles de Gaulle, qui a traversé les deux guerres mondiales, la guerre d’Algérie et Mai 68, était aux premières loges des bouleversements du siècle dernier. Une distance historique qui contribue à faire aujourd’hui de son héritage davantage un idéal républicain qu’un modèle à suivre.

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