Un siècle après, Parigny-la-Rose aura son monument aux morts

Un employé municipal passe devant le nouveau monument aux morts de Parigny-la-Rose, dans le centre de la France, le 9 novembre 2015 [JEFF PACHOUD / AFP] Un employé municipal passe devant le nouveau monument aux morts de Parigny-la-Rose, dans le centre de la France, le 9 novembre 2015 [JEFF PACHOUD / AFP]

Cent ans après, le petit village de Parigny-la-Rose, dans la Nièvre, répare un vieil oubli: ses quatre poilus tués pendant la Grande Guerre ont désormais leur monument aux morts.

Trois pierres sculptées doivent être dressées en bordure de la route principale, à temps pour la cérémonie du 11 novembre, où sont notamment attendus le sous-préfet et le délégué militaire de Nevers. Pour le sculpteur Viorel Enache, participer à un tel projet était une première. Une vingtaine de jours ont été nécessaires à l'artiste pour réaliser cette oeuvre "très symbolique": les trois pierres représentent "trois pages d'histoire" avec, au centre, l'église de Parigny et sous des feuilles de chêne, deux personnages agenouillés près d'une flamme du souvenir.

Financés par des associations locales et des dons privés, le coût du monument s'élève entre 3.500 et 4.000 euros, selon le maire Maurice Nicolas.

Des employés municipaux installent le nouveau monument aux morts de Parigny-la-Rose, dans le centre de la France, le 9 novembre 2015 [JEFF PACHOUD / AFP]
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Des employés municipaux installent le nouveau monument aux morts de Parigny-la-Rose, dans le centre de la France, le 9 novembre 2015
 

Durant la Première guerre mondiale, quatre villageois -Edmond Prestat, René Billard, Albert Guidoux et Louis Fleury- ont perdu la vie. Tués par l'ennemi pour les deux premiers, succombant à des blessures de guerre pour le troisième. Louis Fleury mourra de "cachexie paludéenne" et de dysenterie en 1917 à son retour de la bataille des Dardanelles, en Turquie, comme l'attestent des documents militaires.

"Trois étaient de petits agriculteurs, le quatrième était charcutier. C'était des gens d'origine souvent modeste, qui étaient partis à la guerre soucieux d'accomplir leur devoir", rappelle l'historien local, Georges Marchand, en soulignant qu'ils étaient morts jeunes, entre 22 et 40 ans.

Projet avorté en 1926

Une fois la paix revenue, le village élabore un projet de monument à leur mémoire mais les finances manquent et le projet "tombe à l'eau" en 1926, raconte le maire. Ne reste alors pour seul souvenir des quatre soldats la maquette du projet et une plaque de marbre gravée à leurs noms, conservées dans l'église. Après la Seconde guerre mondiale, trois autres noms compléteront la liste des Parignycois morts pour la France.

Jusqu'à présent, dix-sept communes de la Nièvre ne possédaient pas de monument aux morts, selon M. Marchand, "parfois parce qu'elles n'avaient pas de mort, soit parce qu'elles n'avaient pas les moyens de se doter d'un monument aux morts ou parce qu'elles avaient un monument aux morts commun avec une commune voisine". En Isère, la commune de Ponsonnas inaugurera elle aussi mercredi son monument aux morts. 

En 2014, à l'occasion du centenaire du début de la guerre de 1914-1918, Parigny-la-Rose, qui compte actuellement 39 habitants, avait fait sonner le tocsin et organisé une cérémonie dans l'église. La nécessité d'ériger un monument aux morts au coeur de la commune était alors apparue.

Un membre du conseil municipal de Parigny-la-Rose, dans le centre de la France, tient une plaque portant les noms des quatre poilus morts durant la Première Guerre mondiale, le 9 novembre 2015 [JEFF PACHOUD / AFP]
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Un membre du conseil municipal de Parigny-la-Rose, dans le centre de la France, tient une plaque portant les noms des quatre poilus morts durant la Première Guerre mondiale, le 9 novembre 2015
 

"J'estime qu'on leur doit un souvenir, même cent ans après", déclare M. Nicolas. "Ce sont des gens qui sont partis pour défendre leur patrie; ils n'ont pas hésité un seul instant à aller se battre".

Des trémolos dans la voix, le sexagénaire ajoute que la population "doit ça" à ces quatre hommes, qui "n'ont pas forcément eu de médaille". "Et à travers eux, il y a tous ceux qui sont morts, les tirailleurs marocains, les tirailleurs sénégalais, les Chinois qui sont venus creuser les tranchées", conclut l'édile.

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