Le plan ambitieux de la mairie de Paris contre le gaspillage alimentaire

Chaque année, un Parisien jette 17 kilos de nourriture encore consommable. [Flickr / Petrr]

Réduire par deux la quantité de nourriture jetée par les fenêtres. Voila l’objectif que se fixe la mairie de Paris, par le biais d’un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire qu’elle présentera la semaine prochaine en conseil de Paris. 

Il faut dire que chaque année, les habitants de la capitale mettent à la poubelle 35 000 tonnes de nourriture encore emballée et donc propre à être consommée. Avec 17 kilos chacun, les Parisiens jettent même deux fois plus que le reste des Français. Cette situation n’est pas du goût d’Antoinette Guhl, l’adjointe EELV à l’économie circulaire, «la nourriture n’est pas une marchandise comme une autre. Sur le plan éthique, jeter de la nourriture alors que 14 % des Parisiens vivent sous le seuil de pauvreté, cela doit nous interroger. Et sur le plan de la pollution, si on représentait l'effet de serre engendré par le gaspillage alimentaire par un pays, il se classerait troisième, derrière la Chine et les Etats-Unis». L'élue EELV appelle souhaite donc «attaquer le gaspillage sur tous les fronts», en impliquant notamment les commerces et les habitants.

Des stands sur les marchés pour récupérer les invendus

Dès le premier trimestre de l’an prochain, la municipalité souhaite installer dans une vingtaine de marchés, des lieux où les commerçants pourront donner leurs denrées qu’ils ne souhaitent pas emporter. Objectif : en finir avec les cagettes entières de fruits ou de légumes parfois délaissées. Ces reliquats seraient ensuite distribués aux associations caritatives. A terme, cette initiative déjà appliquée sur le marché de Joinville (19e) depuis plus d’un an, devrait être élargie aux 76 marchés parisiens. 

Des magasins en vrac pour acheter la bonne quantité

Date de péremption, simple envie passagère ou repas à l’extérieur trop fréquents… Les produits jetés par les Français à leur domicile représentent 36 % de l’ensemble des aliments ­gâchés, soit la part la plus importante du gaspillage alimentaire. Pour offrir la possibilité aux habitants d’acheter en plus petite quantité et selon leurs besoins, la mairie veut favoriser l’ouverture d’épiceries 100 % en vrac, sur le modèle de celle de Biocoop, dans le 10e. Si une enseigne de ce type pourrait voir le jour «très prochainement» selon la mairie, le but est d’en compter une dizaine dans toute la ville.

Des «doggy bag» pour emporter sa nourriture non-consommée

Dès aujourd’hui, la mairie va distribuer des «doggy bag», des boîtes pour emporter les plats non terminés, dans une centaine de restaurants. Elle souhaite ainsi faire évoluer les mentalités sur la réutilisation de la nourriture. De plus, un label «Le gaspi c’est fini» devrait aussi être mis en place, pour attester des établissements s’impliquant dans cette démarche vertueuse. «Dans un premier temps, il ne sera qu’incitatif, on est encore dans de la prise de conscience. Une fois que tout le dispositif sera installé, on pourra aviser…», souligne Antoinette Guhl.

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