Ajaccio : deux enquêtes ouvertes

Le procureur Eric Bouillard et le directeur de la sécurité départemental Patrice Vaiente lors d'une conférence de presse le 27 décembre 2015 à Ajaccio  [YANNICK GRAZIANI / AFP] Le procureur Eric Bouillard et le directeur de la sécurité départemental Patrice Vaiente lors d'une conférence de presse le 27 décembre 2015 à Ajaccio [YANNICK GRAZIANI / AFP]

Deux enquêtes ont été ouvertes, et deux hommes interpellés, après les incidents survenus ces derniers jours à Ajaccio, où des centaines de manifestants ont encore défilé dimanche dans plusieurs quartiers populaires sauf celui cible de dérapages racistes, "sanctuarisé" par un arrêté préfectoral.

Les deux suspects interpellés dimanche "devraient normalement être déférés demain ou après-demain (...) et répondront à tout le moins des faits de dégradations", a indiqué dimanche soir le procureur de la République. "Leur implication dans l'agression des pompiers fait encore l'objet d’investigations", a précisé Eric Bouillard lors d'une conférence de presse. "Il s'agit de jeunes hommes issus du quartier qui sont connus pour des actes de délinquance", a-t-il ajouté, soulignant : "Pas des actes de délinquance d'une très grande gravité".

Bloqués par la police à l'entrée des Jardins de l'empereur, "sanctuarisés" après un arrêté préfectoral y interdisant tout rassemblement, plusieurs centaines de manifestants ont encore défilé dimanche après-midi dans plusieurs quartiers populaires d'Ajaccio après deux jours de dérapages racistes. "On se bat contre la racaille mais pas contre les Arabes", ont scandé les meneurs appelant la foule à rester pacifique.

"On n'est pas des casseurs", "on n'est pas des racistes", a enchaîné le cortège qui s'est successivement rendu à la préfecture - apposant sur ses grilles un drapeau corse à tête de Maure -, dans les quartiers Sainte-Lucie et des Cannes, avant de revenir devant les Jardins de l'empereur, a constaté un photographe de l'AFP.

Manifestation le 27 décembre 2015 à Ajaccio [YANNICK GRAZIANI / AFP]
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Manifestation le 27 décembre 2015 à Ajaccio

Le préfet de Corse Christophe Mirmand s'est félicité sur BFMTV que "l'arrêté (qu'il avait pris la veille) a été parfaitement respecté", relevant que les manifestants n'avaient pas cherché à entrer dans le quartier des Jardins de l'empereur visé par l'interdiction. Un important dispositif de police, notamment un véhicule équipé de barrières barrant la chaussée, les a empêchés de pénétrer dans ce quartier de quelque 450 logements.

Vendredi et samedi, des centaines de manifestants s'étaient rendus dans plusieurs quartiers populaires d'Ajaccio, dont les Jardins de l'empereur, aux cris de: "on est chez nous", "Arabes dehors".

Le procureur Eric Bouillard a expliqué dimanche soir que deux enquêtes étaient en cours sur les incidents qui ont agité Ajaccio depuis le 24 décembre : l'une vise les dérapages racistes lors des manifestations et notamment les dégradations d'une salle de prière musulmane. L'autre, les violences de la nuit de Noël au cours de laquelle deux pompiers et un policier ont été blessés.

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