Dernière tarversée d'un navire sous les couleurs de la SNCM

Un navire de la SNCM le 20 novembre 2015 dans le port de Marseille [BORIS HORVAT / AFP/Archives] Un navire de la SNCM le 20 novembre 2015 dans le port de Marseille [BORIS HORVAT / AFP/Archives]

Le dernier navire effectuant une traversée sous les couleurs de la SNCM, passée officiellement dans le giron du groupe corse Rocca, est arrivé mardi matin dans le port de Marseille.

Arrivé quasiment à la même heure dans le port de Marseille, le Stena Carrier, un navire de fret battant pavillon danois et employant des marins de nationalité étrangère qui doit commencer aujourd'hui des traversées entre Marseille et Bastia, a quant à lui été empêché d'accoster par des marins grévistes de la SNCM et de la Méridionale, a précisé Frédéric Alpozzo, le délégué CGT de la SNCM.

La CGT de la SNCM avait qualifié d'"entrave au service public" le lancement de cette nouvelle ligne par le consortium d'entreprises corses Corsica Maritima et l'armateur français Daniel Berrebi. Ces deux candidats à la reprise de la SNCM avaient vu leurs offres écartées au profit de celle de Patrick Rocca. La CGT avait déposé un préavis de grève reconductible à partir de mardi et le Syndicat des travailleurs corses (STC) avait de son côté menacé de bloquer le port de Bastia.

"Des salariés ont utilisé leur droit de grève et empêché l'accostage du navire", a déclaré à l'AFP M. Alpozzo. Le Stena Carrier est ensuite ressorti du port de Marseille et est depuis au mouillage dans la rade, a confirmé le Grand port maritime de Marseille (GPMM). "Il faut que le droit soit respecté par tous et il ne faut pas que ce service démarre dans de telles conditions", a ajouté M. Alpozzo: "Il y a déjà eu près de 600 suppressions d'emplois avec la reprise de la SNCM, on ne veut pas redémarrer l'année avec des licenciements".

"On peut s'interroger sur les motivations réelles" de Corsica Maritima et Daniel Berrebi, a de son côté estimé dans un entretien publié mardi dans La Provence Patrick Rocca. "Ils ont choisi la date du 5 janvier en affrétant un navire sous pavillon étranger à bord duquel les cartes d'identité ne sont pas françaises. Moi, j'ai pris l'engagement de préserver un maximum d'emplois, j'ai osé conserver le pavillon français", a-t-il poursuivi.

"Je suis un entrepreneur et il y aura toujours de la concurrence. Mais il faut qu'elle soit loyale, que chacun ait les mêmes armes et que le meilleur gagne", a ajouté M. Rocca. Le Paglia Orba, le bateau de la SNCM, est de son côté entré dans le port de Marseille peu après 08H00 mardi. Sa traversée de la Méditerranée, à pârtir de Bastia lundi soir, est la dernière effectuée par un bateau de la SNCM.

La compagnie maritime, placée en redressement judiciaire en novembre 2014, a été reprise par le groupe corse Rocca à la suite d'un jugement du tribunal de commerce de Marseille rendu le 20 novembre 2015. Elle passe officiellement mardi dans le giron du groupe.

Après deux jours durant lesquels ils resteront à quai, le temps de mettre en ordre toutes les autorisations, les bateaux de l'ex SNCM devraient commencer jeudi de nouvelles rotations pour le compte de la nouvelle société, dont le nom commercial n'est pas encore connu.

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