Marseille : l'enseignant a eu le sentiment que son assaillant voulait le «décapiter»

Des policiers devant l'école juive "La Source" à Marseille le 11 janvier 2016 [BERTRAND LANGLOIS / AFP] L'agresseur du professeur s'est revendiqué de Daesh. [BERTRAND LANGLOIS / AFP]

L'enseignant juif agressé à la machette lundi à Marseille par un lycéen a eu le sentiment que son assaillant voulait le «décapiter», a déclaré à l'AFP mardi son avocat Fabrice Labi.

«Il m'a dit : "J'ai eu le sentiment qu'il voulait me décapiter, mais la machette était souple, il n'y avait pas de prises, et j'étais protégé par le blouson que je portais"», a expliqué l'avocat de l'enseignant de 35 ans.

La lame de la machette était émoussée, ce qui a pu limiter l'ampleur des blessures, a précisé lundi le procureur de Marseille Brice Robin.

Selon le témoignage du professeur, son agresseur visait spécifiquement sa tête avec sa machette, a poursuivi Me Labi. L'enseignant a décrit à son conseil la «déferlante de coups» et le «passage à tabac» qu'il a subis. L'enseignant s'est notamment protégé avec la Torah qu'il portait sur lui, a ajouté son avocat, confirmant une information déjà donnée par le procureur Brice Robin.

Traumatisme psychologique

«Il a besoin aujourd'hui d'un peu de recul et de se retrouver en famille», a poursuivi Fabrice Labi, évoquant un «traumatisme psychologique qu'on peut aisément comprendre».

L'enseignant a été hospitalisé lundi au cours de la journée, mais a pu retourner chez lui dans la soirée. «Ses blessures sont plus importantes qu'on a pu le croire dans un premier temps», a poursuivi Me Labi, évoquant notamment des «craintes» quant à ses fonctions rénales en raison de coups reçus aux reins.

Le professeur, qui portait la kippa, a été «entendu pendant les premières heures par les enquêteurs, mais de manière très surprenante, plus du tout depuis», a encore souligné son avocat. «Il s'est ensuite retrouvé parachuté dans le "monde réel" sans suivi psychologique, c'est quelque chose qu'on peut regretter», a-t-il conclu.

L'agresseur s'est revendiqué de Daesh

L'agresseur de cet enseignant, un lycéen turc d'origine kurde qui aura 16 ans dans les prochains jours, inconnu des services de renseignement, a affirmé lors de son interpellation avoir agi «au nom d'Allah» et de Daesh.

Une enquête a été ouverte à Marseille «des chefs de tentative d'assassinat aggravé en raison d'une appartenance religieuse» et «apologie du terrorisme». Le parquet antiterroriste de Paris s'est ensuite saisi de l'enquête lundi soir.

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