Valls dit non à une langue corse «co-officielle» avec le français

Le Premier ministre Manuel Valls (G) entouré à G du ministre des Collectivités Jean-Michel Baylet et à D du préfet de Corse Bernard Schmeltz devant le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni (D) à Ajaccio le 4 juillet 2016 [PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP] Le Premier ministre Manuel Valls (G) entouré à G du ministre des Collectivités Jean-Michel Baylet et à D du préfet de Corse Bernard Schmeltz devant le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni (D) à Ajaccio le 4 juillet 2016 [PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP]

Le Premier ministre Manuel Valls a de nouveau rejeté lundi les demandes des nationalistes corses de rendre la langue corse «co-officielle» avec le français et de créer un statut favorable de «résident» sur l'île, répétant qu'il s'agissait de «lignes rouges».

Dans un discours devant l'Assemblée de Corse, le chef du gouvernement a toutefois annoncé plusieurs mesures en faveur de l'île de Beauté, dont la création d'une agrégation en corse, la mise en place d'une «chambre des territoires» à Bastia dans le cadre de la nouvelle collectivité unique de Corse, ainsi que sa volonté de «prolonger» des régimes fiscaux dérogatoires valables en Corse pour lutter contre la hausse des prix de l'immobilier local.

Des «lignes rouges»

«Nous avons démontré par nos échanges et notre travail que des résultats étaient possibles. Je veux faire du dialogue notre modèle pour l'avenir», a-t-il affirmé dans l'hémicycle. Mais «il y a des lignes rouges, vous le savez. L'affirmation de l'identité corse ne passera pas par l'exclusion, la co-officialité de la langue ou le statut de résident», a déclaré le Premier ministre dans un discours présentant les propositions de l'Etat. «La République a une seule langue officielle, le français, car elle est pratiquée par tous. Nous ne reviendrons pas bien sûr sur ce principe», même si elle «reconnaît, aussi, pleinement la langue corse, ciment de votre culture», a-t-il poursuivi.

S'il a globalement rejeté les demandes les plus poussées du camp nationaliste, dont celle d'une «amnistie» pour ceux que MM. Talamoni et Simeoni appellent les «prisonniers politiques», le Premier ministre a accordé quelques garanties.

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La collectivité unique qui remplacera l'actuelle et les deux départements de Corse-du-Sud et de Haute-Corse entrera bien en vigueur au 1er janvier 2018. Elle sera dotée d'une «chambre des territoires» demandée par de nombreux élus corses, même si celle-ci «ne doit pas remettre en cause le principe d'une collectivité unique». Siégeant à Bastia quand la collectivité sera à Ajaccio, «elle sera composée de représentants de la collectivité de Corse et des communes et intercommunalités», a détaillé le chef du gouvernement.

Filière bilingue

Outre la nouvelle agrégation annoncée ce lundi de «langue et culture corses», Manuel Valls a annoncé la création d'une vingtaine de postes dans l'académie et réaffirmé l'objectif d'une filière bilingue dans chaque établissement scolaire.

Enfin, concernant l'arrêté Miot, qui réduit l'impôt sur les successions en Corse, malgré la «contrainte constitutionnelle» du principe d'égalité entre les citoyens français, «j'ai la conviction qu'une voie juridique existe pour prolonger le régime dérogatoire spécifique», a dit M. Valls, annonçant une prochaine «proposition solide» soutenue par le gouvernement.

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