Une rentrée sous tensions

3 000 gendarmes réservistes seront mobilisés pour la rentrée. [© MIGUEL MEDINA / AFP]

Les élèves reprennent l’école dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la menace terroriste et de vastes changements au collège. 

Ce jeudi matin, 12,4 millions d’élèves retrouvent leurs professeurs en classe. Une rentrée hors norme, puisque, menace terroriste oblige, les établissements doivent se réorganiser pour assurer leur sécurité.

S’ajoutent aussi de nombreux changements, très décriés, pour les collégiens, dont le cursus a été entièrement réformé. Souhaitant rassurer, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education Nationale, a assuré que la reprise serait «apaisée». Car l’enjeu est grand pour le gouvernement, qui entame la dernière rentrée du quinquennat.

Une sécurité renforcée

Désignées comme cibles de Daesh, les écoles doivent redoubler de vigilance. Le gouvernement a donc prévu plusieurs mesures afin de contrer la menace terroriste. Pour assurer la sécurité des millions d’élèves qui reprennent en même temps les cours, 3 000 réservistes de la gendarmerie sont mobilisés toute la journée. Leur attention sera notamment focalisée sur les abords des établissements.

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A moyen terme, l’accent sera également mis sur la prévention des enfants, y compris des plus jeunes, avec  la mise en place de trois exercices de simulation. Ces derniers, réalisés durant l’année scolaire, reproduiront une intrusion en cas d’attentat. De même, le gouvernement veut former l’ensemble des jeunes aux gestes de premiers secours, alors que seuls 30 % des élèves en classe de troisième les maîtrisent actuellement. Pour cela, un nouveau module sera créé avec l’embauche de 3 000 formateurs supplémentaires.

Autre point crucial : la réactivité en cas de menace. Pour donner l’alerte au plus vite, les numéros de téléphone des chefs d’établissements ont été centralisés dans un répertoire. Le fonctionnement de cette alerte SMS a d’ailleurs été testé mercredi. Reste que ces précautions rajoutent une inquiétude du côté des professeurs, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, ayant appelé à «une vigilance totale et extrême».

Des nouveautés en débat

L’autre préoccupation de la rentrée sera scolaire, avec la mise en oeuvre de la très décriée réforme du collège. A compter de cette année, chaque établissement devra mettre l’accent sur l’interdisciplinarité. Plusieurs matières seront ainsi enseignées côte à côte pour faciliter l’apprentissage.

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Autre changement : la pratique d’une deuxième langue vivante sera avancée d’un an, en cinquième, signant la fin des classes bilangues (deux langues enseignées en sixième). De même, le grec et le latin ne seront plus accessibles en options, mais en «enseignement de complément».

Des nouveautés critiquées par une partie du corps professoral, qui a appelé à la grève, le 8 septembre. L’opposition est aussi politique puisque la droite, dénonçant un «nivellement par le bas», entend abroger la réforme, si elle accède à l’Elysée en 2017.

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