Réforme du collège : ce qui coince

Après dix-huit mois de débats, plusieurs points de la réforme se heurtent toujours à la grogne du corps enseignant. [MEHDI FEDOUACH / AFP]

La réforme mise en place depuis une semaine provoque la colère d’une partie des professeurs. Mais l’Etat n’entend pas faire machine arrière.

Les vacances sont bel et bien terminées. Sept jours à peine après la rentrée des classes, une intersyndicale des enseignants appelle à faire grève aujourd’hui sur l’ensemble du territoire. 

A lire aussi : Najat Vallaud-Belkacem veut interdire les Pokémon rares à l'école

L’objectif : dénoncer la réforme du collège portée depuis plusieurs mois par la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et entrée en vigueur voici une semaine. Une mobilisation synonyme de test, tant pour les manifestants que pour le gouvernement. 

L‘interdisciplinarité en débat

Après dix-huit mois de débats, plusieurs points de la réforme se heurtent toujours à la grogne du corps enseignant. Premier élément de discorde : l’interdisciplinarité, qui prévoit l’enseignement de plusieurs matières au sein d’un seul et même cours. Selon les opposants à la réforme, une telle mesure reviendrait à mettre en concurrence les matières et, par conséquent, à en fragiliser certaines.

Parmi ce qui fâche les professeurs, on trouve également l’autonomie des collèges, chacun doit maintenant attribuer 20% de son emploi du temps à du travail en petits groupes ou à de l’accompagnement personnalisé. Une initiative qui, selon ses détracteurs, risque non seulement d’intensifier la compétition entre les établissements, mais aussi d’empiéter sur les horaires des disciplines traditionnelles.

A lire aussi : Réforme du collège : les Académiciens se révoltent

Autre mesure décriée, la réorganisation des langues mortes, à l’instar du latin et du grec, qui ne sont plus des options mais font dorénavant l’objet de simples initiations dans le cadre de l’interdisciplinarité. Autant de nouveautés qui, pour les enseignants anti-réforme, signifient une «perte de sens du métier», explique Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes. Elle dénonce notamment «un fossé entre le gouvernement et les enseignants».

«Résistance pédagogique»

Le premier syndicat du secondaire, fer de lance de la mobilisation d’aujourd’hui, a même récemment publié un fascicule prônant la «résistance pédagogique», une alternative à la feuille de route du gouvernement. Le Snalc a, de son côté, publié un «mode d’emploi» visant à abroger la réforme «de l’intérieur».

La ministre reste ferme Face aux critiques, l’exécutif entend tenir bon. Alors que les syndicats réclamaient la suspension de dispositions de la réforme, Najat Vallaud-Belkacem s’est récemment montrée catégorique : «Il n’y aura pas de moratoire.» Seuls 5 à 10% des collèges de l’Hexagone seraient réticents à la réforme, ajoute-t-elle, évoquant une rentrée «apaisée», celle «de la réalité et non des fantasmes».

A lire aussi : Najat Vallaud-Belkacem souhaite «toiletter» le bac

Ultime chantier éducatif du quinquennat, la réforme du collège est une épreuve dont François Hollande compte sortir gagnant. ll se dit même prêt à aller plus loin. La semaine dernière, le président de la République s’est ainsi fixé comme «prochaine étape» la réforme du lycée général et technologique. Soit les collégiens de demain. 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles