5 choses à connaître sur l’absence injustifiée au travail

Une absence injustifiée ne légitime pas automatiquement un licenciement pour faute. [ROSLAN RAHMAN / AFP/Archives]

Quel salarié n’a pas souhaité, pour des motifs personnels divers (difficultés familiales, désir de prolongation de congés ou simplement baisse de motivation) ne pas se présenter à son travail ? L’absence imprévue, non autorisée, et non justifiée constitue un manquement du salarié à ses obligations contractuelles de ponctualité et d’assiduité, pouvant fonder un licenciement pour faute grave. Telle sanction n’est néanmoins pas systématique, l’employeur étant tenu au respect du principe de proportionnalité de la sanction à la gravité de la faute.

Une absence injustifiée est un comportement fautif

Le lien de subordination inhérent au contrat de travail implique que l’absence d’un salarié ne soit légitime que lorsque l’employeur en a été préalablement averti, et l’ait autorisé. Conséquemment, toute absence imprévue qui n’est pas à posteriori justifiée par un motif valable ou un justificatif, constitue un comportement fautif l’exposant à une sanction disciplinaire.

48H pour justifier d’une absence pour raison médicale

La loi n’impose pas au salarié de délai précis pour justifier de son absence. En revanche, la plupart des conventions collectives fixent à 48 heures le délai imparti pour adresser à l’employeur un arrêt de travail ou le certificat médical de son enfant malade. Aucune sanction n’est dès lors recevable pendant ces 2 jours.

L’absence involontaire et imprévisible

L’absence imprévue et non autorisée d’un salarié n’est pas nécessairement synonyme de sanction, notamment lorsqu’elle présente un caractère involontaire.

Le salarié qui ne peut honorer sa reprise après congés en raison d’une grève des transports aériens, qui tombe en panne en embauchant ou est victime d’un accident de la circulation, ou encore qui ne peut assurer sa journée de travail suite à un décès ou à une séparation ne sera pas pénalisé s’il a pris le soin d’avertir son employeur de la situation l’empêchant provisoirement d’être présent à son poste de travail.

Il ne risque pas plus de sanction s’il apparait que son absence résulte d’un changement de planning qui ne lui aurait pas été communiqué, son absence étant alors imputable à l’employeur.

Les risques d'une absence injustifiée

Un salarié qui ne justifie pas son absence n’encourt pas systématiquement une sanction disciplinaire, à fortiori lorsqu’il n’a jamais manqué à ses obligations contractuelles. Il doit néanmoins être vigilant sur la nécessaire communication avec son employeur permettant de clarifier la situation, dès lors que ce dernier ne manquera pas de revenir vers lui au terme du délai de 48 heures pour l’enjoindre de justifier son absence, ou de reprendre son travail.

Le salarié qui ne répond pas à une demande d’explication de son employeur sur le motif de son absence s’expose à une mesure disciplinaire. Au titre de son pouvoir de direction, l’employeur est légitime à le sanctionner, dans le respect du principe de la proportionnalité de la sanction à la gravité de la faute: blâme, avertissement, mise à pied disciplinaire qui suspend pendant la période d’exclusion la rémunération.

Il est en effet tenu d’apprécier l’absence injustifiée au cas par cas, en fonction des circonstances dans lesquelles elle est intervenue, des explications du salarié, et des conséquences de celle-ci sur l’activité de l’entreprise.

Licenciement pour absentéisme

Une absence injustifiée ne légitime pas automatiquement un licenciement pour faute. Le salarié doit néanmoins être vigilant sur l’attitude à adopter en telle situation. Une absence demeurant injustifiée malgré les demandes en ce sens l’employeur, un refus de reprendre le travail nonobstant toute raison valable caractérisent un comportement fautif grave.

Si toutes tentatives de l’employeur pour comprendre l’absence soudaine d’un salarié demeurent lettres mortes, et qu’il en va de même d’une injonction de reprendre le travail, une absence injustifiée caractérise un comportement fautif grave. Si elle perdure trop longtemps, elle peut être qualifiée d’abandon de poste, et exposer le salarié à un licenciement pour faute grave excluant toute indemnité de licenciement.

A lire aussi : Evaluer les risques en cas d'absence injustifiée ou d’abandon de poste

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