Maltraitance : vingt propositions pour mieux protéger les enfants

L'association L'Enfant Bleu demande notamment à ce que les crimes sur mineurs – meurtres et viols – soient désormais imprescriptibles. L'association L'Enfant Bleu demande notamment à ce que les crimes sur mineurs – meurtres et viols – soient désormais imprescriptibles. [© Chameleons Eye /REX/SIPA]

Un fléau à mieux combattre. Dans un livre blanc publié hier à l’attention des candidats à la présidentielle, l’association L’Enfant Bleu émet vingt propositions pour renforcer la protection des enfants victimes de maltraitance, qu’elle soit physique ou psychologique.

Avec deux idées phares, selon son secrétaire général, Michel Martzloff : «Agir plus efficacement et mettre l’enfant au centre de l’attention». Au regard du droit, l’organisme demande notamment à ce que les crimes sur mineurs – meurtres et viols – soient désormais imprescriptibles, afin que l’action en justice puisse être intentée sans limite de temps (contre actuellement vingt ans à compter de la majorité). Même revendication pour les délits d’ordre sexuel commis par un ascendant ou une personne ayant autorité sur l’enfant. 

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La parole de l’enfant à recueillir

Concernant les plaignants, l’association préconise que le droit de faire appel, jusque-là réservé au ministère public, soit étendu aux parties civiles, dans les cas où l’auteur des faits serait relaxé ou acquitté. Enfin, la prévention doit aussi être améliorée. La réalisation systématique d’une enquête de voisinage après une plainte, le recueil de la parole de l’enfant par un psychologue spécialisé, ou encore des visites inopinées dans les familles des victimes sont préconisées. Toutes les propositions sont disponibles sur le site livreblancdelamaltraitance.enfantbleu.org.

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Par ce livre blanc, l’organisme montre l’urgence à agir. En 2015, en effet, 14 % des Français déclaraient avoir été maltraités au cours de leur jeunesse, selon un sondage Harris Interactive. «Chaque année, ce sont près de 300 000 mineurs qui sont pris en charge par l’aide sociale à l’enfance», regrette ainsi Michel Martzloff. Un chiffre qui ne serait que la pointe de l’iceberg, selon les spécialistes. Car l’immense majorité des enfants ne parleraient pas, ou bien des décennies plus tard, de leurs souffrances au quotidien.

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