Compiègne : des habitants évacués de chez eux à cause du trafic de drogue

Au total, ce sont quelque vingt-cinq locataires qui ont été relogés ou le seront prochainement.[AFP]

Dealeurs : 1 - Pouvoirs publics : 0. Parce qu’aucune solution n'a été trouvée pour circonscrire un important trafic de drogues ayant germé au sein d’une cité, le bailleur social d’un quartier réputé sensible de Compiègne (Oise) a fait le choix d’évacuer les habitants et de condamner définitivement trois cages d’escaliers.

Depuis plusieurs semaines, les entreprises de déménagement se succèdent aux 4, 8 et 9 du square Baudelaire de la cité du Clos des roses. Au total, ce sont quelque vingt-cinq locataires qui ont été relogés ou le seront prochainement par l’Opac (Office public d’aménagement et de construction), le gestionnaire.

Il faut faire vite : dans quelques jours, les trois bâtiments, théâtre du trafic des dealeurs du coin, seront murés, les accès condamnés. «J’ai la responsabilité de mettre à l’abri des locataires», explique au Courrier Picard Arnaud Dumontier, président de l’Opac. Après les innombrables alertes lancées aux autorités, sa décision est tombée comme un couperet en janvier dernier. La première de ce type prise en France.

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C’est la menace d’incendie et d’explosion résultant des détournements électriques opérés par les trafiquants pour éclairer leurs points de vente qui a fait monter au créneau Arnaud Dumontier. Les motivations de son choix ont suscité quelques réserves du côté de la municipalité. «Je comprends la frustration de l'Opac, mais n'y a-t-il pas d'autres solutions qui ne donnent pas raison aux dealeurs ?», affirme le maire Philippe Marini (LR), interrogé par le Parisien.

L’édile craint que les cages d’escaliers condamnées se transforment rapidement en lieux de squats. «C’est à l’Etat de faire le nécessaire pour que cela ne se produise pas», avertit l’Opac.

 

 

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