Présidentielle : petits candidats, grandes ambitions

Cinq cents signatures d'élus sont nécessaires pour qu'un candidat puisse se présenter à la présidentielle.[JEFF PACHOUD / AFP]

Certains ont déjà obtenu les 500 parrainages nécessaires et d’autres luttent encore pour y parvenir, alors que la date butoir approche. Ensuite, ils n’auront plus qu’un mois pour faire entendre leur voix.

Pour le moment, ils sont encore dans la course. Mais demain soir, à 18h, le suspense prendra fin. Les candidats à la présidence de la République ont en effet jusqu’à cette limite pour réunir les 500 signatures d’élus nécessaires. Si, pour les favoris, l’étape est presque une formalité, elle s’est transformée en parcours du combattant pour les «petits».

A lire aussi : Ce que l’on sait du premier débat TV entre les candidats, le 20 mars

Et ceux qui seront qualifiés devront ensuite faire face à un nouveau défi : exister sur la scène médiatique pour faire entendre leurs idées et récolter un maximum de voix. Cette année, l’égalité du temps de parole (télé et radio) n’entrera en vigueur que le 10 avril, soit deux semaines seulement avant le premier tour.

D’ici là, c’est l’équité qui prime. Plus les résultats aux élections récentes ont été élevés pour le parti du candidat, plus son temps de parole sera long. Un handicap pour les plus modestes, qui ne sont pas soutenus par un grand parti, mais ont quand même leur mot à dire.

Ceux qui ont leurs parrainages

Nicolas Dupont-Aignan 

Diplômé de Sciences-Po Paris (1982) et de l’ENA (1989), Nicolas Dupont-Aignan, 56 ans, est le candidat de Debout la France, parti qu’il a fondé en 2008 après avoir quitté l’UMP. Député-maire de Yerres (Essonne), il va se lancer dans sa deuxième candidature à la présidentielle après celle de 2012, où il avait totalisé 1,79 % des voix. Nicolas Dupont-Aignan place au cœur de son programme présidentiel qu'il qualifie de «patriote social et souverainiste» des priorités telles que le développement des PME, la sécurité, la baisse des charges pour les entreprises, le maintien des services publics, un calendrier de baisse d’impôts de 60 milliards en cinq ans, ou encore la fermeture des frontières.

Il fait partie des huit candidats ayant déjà obtenu les 500 parrainages obligatoires. Un cap atteint le 7 mars dernier. Hier soir, selon les chiffres du Conseil constitutionnel, il en était à 672 signatures. C’est le résultat d’une très longue campagne, lancée il y a un an, lorsqu’il s’est déclaré candidat, le 15 mars 2016. Dénonçant une campagne plombée par les «affaires», il a par ailleurs saisi le CSA lundi dernier pour «obliger» les chaînes et les radios à lui offrir «deux fois plus» de temps de parole car il s’estime lésé. Il est actuellement crédité de 3 % d’intentions de vote au premier tour.

A lire aussi : Présidentielle 2017 : quel candidat votre élu a-t-il parrainé ?

François Asselineau

Cet énarque de 59 ans a été le proche collaborateur de plusieurs ministres. Il est ensuite devenu leader de son parti à visée souverainiste, l’Union populaire républicaine (UPR). Son programme, «patriote», selon ses propres termes, prône le «Frexit» et souhaite «libérer» la France de la «prison des peuples» qu’est, selon lui, l’Europe. Sa campagne. Soutenu par une impressionnante campagne d’affichages et très présent sur le Web, il a obtenu ses 500 signatures la semaine dernière.

Nathalie Arthaud

Agrégée d’économie et de gestion, la candidate de 47 ans a été porte-parole d’Arlette Laguiller à la présidentielle de 2007, avant d’être à son tour investie par Lutte ouvrière en 2012. Pour sa première participation, elle avait récolté 0,56% des voix, et elle est aujourd’hui créditée de 1%. Celle qui se définit comme communiste veut fixer le Smic à 1.800 euros net et d’interdire la suppression d’emplois dans certaines entreprises. Elle souhaite également remettre l’intérêt général au premier plan en nationalisant des banques et des usines. Elle a annoncé sa candidature en mars 2016, et a déjà validé 623 parrainages. Cette semaine, elle s’est positionnée comme «la seule candidate communiste » et a appelé les électeurs à «ne pas voter pour les grands candidats».

A lire aussi : Présidentielle 2017 : qui sont les candidats ?

Ceux qui peuvent avoir leurs parrainages

Jacques Cheminade

Cet ancien secrétaire du Parti ouvrier européen, âgé de 75 ans, est diplômé de HEC et de l’ENA. Six fois candidat à la présidence, il n’a réuni ses parrainages qu’en 1995 et 2012. Son programme ? Le candidat a l’ambition de «libérer» la France de «l’occupation financière», de refonder l’Union européenne et de se lancer dans la conquête de Mars. Le Conseil constitutionnel a déjà validé 469 des 500 signatures nécessaires. Il se présente comme le candidat «contre le sérail politique qui a pactisé avec l’empire de l’argent», avec son parti, Solidarité et Progrès.

Jean Lasalle

Ce député et ancien membre du MoDem n’a pas souhaité participer à la primaire de la droite et du centre. Il souhaite redonner du pouvoir aux communes, rétablir un service civil ou militaire et changer les traités avec les pays africains qui le souhaitent. Il a récemment fait polémique en remettant en question le massacre commis sur le peuple Syrien. Député et ex-vice-président du Modem, Jean Lassalle, 61 ans, peut espérer participer au premier tour puisqu’il a validé 453 parrainages.

Philippe Poutou

Candidat en 2012 pour le nouveau Parti anticapitaliste,  le successeur du médiatique Olivier Besancenot mène sa deuxième campagne mais peine à récolter ses parrainages, malgré ses «coups de communication» sur les réseaux sociaux. Mécanicien pour Ford, Philippe Poutou, 50 ans, s’est fait connaître lors du mouvement contre la fermeture de son usine de Blanquefort (Gironde), en 2007. Son programme : il veut améliorer les conditions de vie des travailleurs en instaurant les 32 heures, le Smic à 1.700 euros net et la retraite à 60 ans maximum, tout en interdisant les licenciements. Sa campagne. Déplorant une faible couverture médiatique, il est lancé dans une course contre la montre pour obtenir ses 500 parrainages. Lors du dernier dé- compte de mardi, il n’en avait que 357.

Rama Yade

Secrétaire d’Etat dans le gouvernement Fillon de 2007 à 2010, elle s’est ensuite tournée vers l’UDI et le Parti Radical, avant de fonder son propre mouvement : la France qui ose. Parmi ses propositions : relever les remboursements des soins et supprimer les mutuelles, supprimer le RSI, mettre en place des prêt à taux 0 pour les jeunes en formation. Elle défend un projet gaulliste et entrepreneurial, et a récolté 217 signatures.

Ceux qui sont encore loin du compte

Didier Tauzin

Général de l’armée, il propose de réformer l’Etat en donnant plus d’importance au ministères régaliens, c’est-à-dire concernant l’armée, la justice, la diplomatie et la fiscalité et en minimisant le rôle des autres. Il souhaite aussi augmenter le budget de la défense et ouvrir l’Europe à la Russie.

Alexandre Jardin

Ecrivain et cinéaste, il présente sa candidature sous le nom l’Appel des mouvements citoyens et se dit apolitique. Il oppose les élites dirigeantes au peuple et souhaite redonner le pouvoir à ceux « qui font», par opposition aux « diseux ».

Jean-Pierre Gorges

Député sous l’étiquette Les Républicains et maire de Chartres, il se réclame candidat de la société civile et propose, entre autres, d’augmenter la TVA pour investir, de réduire le nombre de députés et sénateurs, et limiter les interventions militaires extérieures.

Charlotte Marchandise

C’est la candidate élue à LaPrimaire.org, qui proposait de choisir un candidat issu de la société civile. Le programme a pour but de rassembler au-delà des clivages partisans, il inclut une nouvelle Constitution rédigée par une « conférence de citoyens ».

Michèle Alliot-Marie

Ancienne présidente du RPR (Rassemblement pour la République) et désormais membre des Républicains, elle a été ministre à quatre reprises, sous les gouvernements de Dominique de Villepin, de Jean-Pierre Raffarin et de François Fillon. Elle prévoit de ramener à la moyenne européenne les impôts, taxes et charges fiscales, en trois ans, et propose de défiscaliser les heures supplémentaires.

Oscar Temaru

Maire de Faa’a, la plus grande ville de Polynésie française, il est l’ancien président de l’archipel. Militant indépendantiste, il souhaite réunir sous son nom la majorité des électeurs de son île, et avoir ainsi la légitimité de proclamer une déclaration de souveraineté.

Pierre Larrouturou

Cet économiste est le créateur et le porte-parole du parti Nouvelle Donne. Il avait souhaité participer à la primaire de la gauche, mais sa candidature avait été retoquée par Jean-Christophe Cambadélis. Il propose la création d’une banque dédiée à aider les TPE (très petites entreprises) et les PME (petites et moyennes entreprises), ou encore d’utiliser une partie de l’argent du Fonds de réserve des Retraites pour construire des logements.

Paul Mumbach, Nicolas Miguet, Antoine Waechter, Bastien Faudot, Henri Guaino, Stephane Guyot et quelques autres font aussi partie des "petits" candidats qui peinent à obtenir leurs 500 signatures.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles