Attentat au Bataclan : l’un des terroristes se serait fait passer pour mort

Le kamikaze a fait ses adieux à sa famille, puis n'a plus donné de nouvelles. [PATRICK KOVARIK / AFP]

L’un des kamikazes des attaques du 13 novembre aurait pu faire croire qu’il était mort en Syrie pour mieux échapper à la vigilance des services de renseignements.

L’hypothèse avait déjà été évoquée quelques jours après les attaques à Paris et à Saint-Denis. Elle est rde nouveau évoquée ce vendredi 24 mars, après que le journal Libération a pu consulter des notes déclassifiées de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Ces notes, qui traitent essentiellement de la vie des assaillants, révèlent que Foued Mohamed-Aggad aurait mis en place une stratégie de dissimulation. 

«L’intéressé a fait ses adieux [à sa famille, ndlr] lors de son départ au combat le 24 août [2015, ndlr], ne sachant pas s’il allait revenir vivant ou s’il les reverrait au paradis», rapporte le journal. Quand sa mère a reçu ce message, elle aurait contacté un autre jihadiste français, présent en Syrie avec son fils, afin de savoir s’il était bien mort. Celui-ci lui aurait confirmé qu’il était sûr «à 99%» que le Strasbourgeois avait péri dans l’opération. Par la suite, «l’intéressé n’a plus donné de nouvelles à ses proches (…) alors qu’il ne restait jamais plus d’une semaine sans les contacter», complète la note.

Autre fait étrange, le kamikaze avait, en 2014, assuré à sa mère que s’il revenait en France cela serait «pour faire un sale truc». Sauf que dans un message datant de l’été 2015, il a «prévenu sa famille qu’il ne rentrerait pas en France, et ce même dans le but d’y commettre des attentats sur ordre, car il ne s’estimait pas encore assez fort pour tomber en martyr.»

Erreur ou acte prémédité ?

Cette fameuse mission du 24 août 2015 devait durer au moins deux mois, rapporte la note qui précise que les combattants ne connaissaient pas les modalités de celle-ci et n’avaient droit à aucun moyen de communication pour donner des nouvelles. Cette période représente le temps qu’il a fallu au terroriste pour rejoindre la France et commettre les attentats.

Plusieurs hypothèses apparaissent à la lecture de ces notes. La première : l’homme contacté par la maman de Foued Mohamed-Aggad a peut-être fait une erreur et ce dernier, sans portable, a finalement été convaincu pendant le voyage d’agir en France alors qu’il y avait renoncé. La seconde : Foued Mohamed-Aggad a laissé des instructions à cet autre combattant et a volontairement fait croire à sa propre mère qu'il était mort, pour disparaitre des radars de la DGSI.

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