Tout savoir sur Sens Commun, que Fillon veut dans sa majorité

François Fillon lors d'un meeting à Montpellier, le 14 avril 2017.[Pascal GUYOT / AFP]

Mardi 18 avril, le candidat à la présidentielle François Fillon a déclaré qu'il voulait une majorité comportant à la fois «Sens Commun et François Baroin». L'association, proche de la «Manif Pour Tous», restait jusqu'alors peu connue.

«Sens Commun» a vu le jour après les protestations de 2013, lorsque le gouvernement de François Hollande avait rendu légal le mariage entre personnes de même sexe. Sur son site, l'association explique qu'elle est née d'un «mouvement social historique, initié par la jeunesse et rapidement relayé par toutes les générations», qui aurait «suscité dans la France entière une ferveur et un enthousiasme sans précédent, ravivant en chacun le sens de l'engagement, de la générosité et du courage».

À la tête de Sens Commun se trouve Christophe Billan, président depuis juin 2016. Il y a également deux vice-présidents : Arnaud Le Clere, conseiller régional Les Républicains d'Île-de-France, et Madeleine Bazin de Jessey, cofondratrice des Veilleurs, et également porte-parole de Sens Commun. 

Fortement liée aux Républicains

L'association ne cache pas son affiliation politique : il s'agit avant tout d'un mouvement de droite. L'équipe affirme que «Sens Commun a choisi de rejoindre l'UMP, aujourd'hui Les Républicains, afin d'accompagner, de consolider et de raviver sans cesse ce choix courageux».

Ce choix, c'est celui de la mobilisation contre la loi Taubira : le but initial de l'association était avant tout de lier les participants de la Manif pour tous au premier parti de droite. Elle a donc bénéficié de l'aide de Henri Guaino ou encore Bruno Retailleau lors de sa création, comme le notent nos confrères du Monde

Les liens entre Les Républicains et Sens Commun se sont par la suite multipliés, si bien que lors des élections régionales de 2015, plusieurs militants de cette association étaient présents sur différentes listes de droite, comme celle de Valérie Pécresse.

Les liens sont même de nature financière : le 2 juin 2014, Sens Commun déclare à la Commmission nationale des comptes de campagne : «En contrepartie des droits qui lui sont conférés (aide logistique, droit de tirage actions et communications communes, formation et préparation/participation commune aux échéances électorales), l'association Sens Commun s'engage à reverser aux Républicains, sous forme de subvention, une quote-part des adhésions collectées», comme le rapporte les Décodeurs du Monde. Les Républicains ont ainsi récupéré «entre 33% et 50% des cotisations des primo adhérents à Sens Commun».

Soutien infaillible de François Fillon

Mais Sens Commun a évolué depuis 2012, et ne se limite plus aux questions du mariage pour tous ou de l'avortement : son président, Christophe Billan, a ainsi affirmé que l'association partageait les points de vue de François Fillon, lors d'un entretien avec Famille Chrétienne : «On a estimé que, dans le programme de François Fillon, il y avait suffisamment de points de convergences pour qu'on puisse travailler avec lui (...)». Et dans ses points de convergence, «il y a la famille d'abord» mais aussi «l'Etat (...). Un Etat qui se recentre sur ses fonction régaliennes afin de vraiment remplir son rôle».

L'association est également en accord avec la politique internationale du candidat des Républicains : «Sens Commun est aussi très sensible à son souhait de mettre un terme à la vassalisation de la France vis-à-vis des Etats-Unis. Alliés mais pas Vassal, notamment en s'équilibrant avec la Russie».

Ce soutien à François Fillon semble porter ses fruits, puisque Sens Commun pourrait donc se retrouver dans la majorité du candidat, s'il remportait l'élection présidentielle. Sur le compte Twitter de l'association, les messages de soutien au candidat sont nombreux, et la plupart des tweets du compte de François Fillon font l'objet de «retweets» de la part de Sens Commun.

Les différentes affaires auxquelles doit faire face François Fillon n'ont en rien changé l'engagement de Sens Commun envers le candidat. Elles semblent même être l'occasion pour l'association de prouver son soutien infaillible : suite à l'annonce d'un rassemblement en soutien à François Fillon le 5 mars au Trocadéro, Christophe Billan avait affirmé sa volonté de faire de ce meeting «une démonstration de force».

Dans un communiqué de presse publié sur son site, Sens Commun affirmait sa présence au Trocadéro. «Nous ne nous rassemblerons pas contre la justice (...). Nous ne nous rassemblerons pas contre les journalistes (...). Nous ne nous rassemblerons pas non plus en niant la réalité des erreurs commises et reconnues par François Fillon, ni l'urgente nécessité de réformer des pratiques politiques qui sapent depuis des années la confiance des Français envers leurs élus. Nous nous rassemblerons en revanche parce que nous pensons que la France est plus grande que ces mêmes erreurs», déclarait l'association, reprenant les propos de François Fillon.

«Non à la banalisation de l'homosexualité»

Mais Sens Commun traîne ses propres casseroles : en 2015, Anne Lorne, qui fut selon Rue89 déléguée nationale de l'association, avait été épinglée pour avoir partagé des messages à caractère homophobe, qui s'inquiétaient d'une «fiotisation» de la France due à des magazines comme Têtu. Une information que plusieurs internautes ont ressorti lors de la campagne présidentielle.

D'autres tweets, datant de 2013, partagent des articles dénonçant l'homophobie des publicités Barilla. Seul problème : l'ajout des hashtags #BonSens et #Soutien par l'ancienne déléguée. D'autres tweets, supprimés depuis, clamaient «Non à la banalisation de l'homosexualité».

Rue89 rapporte également d'autres messages haineux de la part d'Anne Lorne, eux aussi effacés. «Si j'étais élue, les premiers à voir leurs subeventions sauter seraient les LGBT et SOS Racisme», déclarait-elle dans un tweet. 

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