Les cinq choses à retenir du quinquennat Hollande

François Hollande passera officiellement ses pouvoirs dimanche. [BERTRAND LANGLOIS / AFP POOL / AFP ]

François Hollande aura vécu un quinquennat mouvementé, entre timide sortie de la crise économique, progrès sociaux, réformes contestées, lutte laborieuse contre le chômage et plongées répétées dans l’horreur du terrorisme.

Depuis son élection, le 6 mai 2012, jusqu’à la passation de pouvoir qui aura lieu dimanche prochain, retour sur cinq dates marquantes du quinquennat de François Hollande à la tête de l’Etat.

6 novembre 2012, la première grande mesure économique

Le gouvernement présente son Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi. Une vaste loi et un premier virage économique, qui implique trente-cinq mesures et des répercussions à long terme.

Parmi elles, le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), qui, en réduisant les impôts des entreprises, avait pour but de réduire le coût du travail afin de favoriser l’investissement. Mais aussi la création de la banque publique d’investissement et du crédit d’impôt recherche, dont la vocation était de favoriser l’innovation et la création. Ou encore le Plan France Très Haut Débit, qui impliquait le déploiement d’internet partout en France, et la simplification de nombreuses règles administratives et fiscales.

Selon un bilan dressé par le CNRS, la mesure phare du plan, le CICE, n'a pas eu les effets escomptés. S'il a permis d'augmenter les marges des entreprises, dont certaines étaient en péril, il n'a pas créé autant d'emplois que le président l'aurait souhaité. Et surtout, le CICE n'a entrainé aucun investissement en recherche et développement. 

11 janvier 2013, François Hollande le chef de guerre

Le président endosse son rôle de chef des armées avec l’intervention Française au Mali. Le pays africain est alors aux prises avec des jihadistes armés et des rebelles Touaregs et son président demande une aide internationale. C’est le début de l’opération Serval. Cette décision est saluée par la majorité de la classe politique française ainsi que la communauté internationale. 5 000 soldats français sont déployés dans le pays, où ils parviennent, en quelques mois, à repousser les jihadistes.

Depuis, si la situation s’est grandement améliorée, elle reste toujours tendue dans le pays, qui subit encore de nombreuses attaques. L’opération Serval est, depuis, devenue l’opération Barkhane, étendue à tout le Sahel.

23 avril 2013, le mariage pour tous adopté

C’était un engagement de campagne de François Hollande. Après 170 heures de débat au Parlement, la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels, portée par la garde des Sceaux Christiane Taubira, est adoptée. Le premier mariage entre deux personnes du même sexe est célébré un mois plus tard.

Les réactions dans le pays sont contrastées. Une majorité des Français est pour, mais les opposants sont descendus dans la rue à de nombreuses reprises, avant et après le vote, sous la bannière de la «Manif pour tous».

11 janvier 2015, François Hollande face aux attentats

Pendant son quinquennat, François Hollande a dû faire face, comme l’ensemble du pays, au retour des attentats terroristes en France. Depuis janvier 2015, 239 personnes ont été tués par des jihadistes. La première salve d’attaques intervient le 7 janvier 2015, avec l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo et le meurtre d’un policier. Le lendemain, Amedy Coulibaly s’en prend à une policière et attaque un magasin casher. Dix-sept personnes perdent la vie dans ces deux attaques.

Des rassemblements spontanés ont lieu dans tout le pays et François Hollande organise une grande marche républicaine. Il rassemble 44 chefs d’Etat, le 11 janvier, à Paris dont certains sont pourtant très vivement opposés, comme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas, ou encore le président ukrainien Petro Porochenko et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Au côté du président français sont également présents dirigeants africains et européens, et des familles royales.

François Hollande endosse alors un rôle de chef de guerre, de père d’une nation endeuillée qu’il ne quittera malheureusement pas de tout le reste du quinquennat.

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La marche républicain à Paris, le 11 janvier 2015. ERIC FEFERBERG / AFP 

1er décembre 2017, l’abandon

Lors d’une allocution en direct de l’Elysée, François Hollande annonce, le soir du 1er décembre, qu’il ne se présentera pas à sa propre succession à la tête de l’Etat. Une première dans la Ve République.

Il révèle sa décision dès le premier jour de l’ouverture des candidatures à la primaire de la gauche. Outre un défaut de popularité criant, François Hollande avait également conditionné sa candidature à l’inversion de la courbe du chômage. Or, si celui-ci a commencé à diminuer à ce moment de l’année, on est loin des promesses du chef de l’Etat, d’autant que la baisse a été de très courte durée.

François Hollande a également dû faire face à des difficultés au sein de son propre camp. Entre la démission d’Emmanuel Macron pour fonder son propre mouvement et la volonté de son Premier ministre Manuel Valls de se présenter à la primaire de la gauche, le président choisi d’éviter les divisions dans son clan, et se sacrifie. 

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