P.-Y. Bournazel : «Je m'inscris dans la majorité présidentielle»

Pierre-Yves Bournazel (LR) est candidat aux législatives dans la 18e circonscription de Paris.[© THOMAS SAMSON / AFP]

Conseiller de Paris et d'Ile-de-France, Pierre-Yves Bournazel est candidat LR et UDI, également soutenu par le Modem du 18e, aux législatives dans la 18e circonscription de Paris, qui se trouve à cheval sur le 9e et le 18e arrondissement.

Quel est votre positionnement vis-à-vis du nouveau président de la République, Emmanuel Macron, et de son gouvernement ?

J'étais porte-parole d'Alain Juppé [durant la primaire de la droite et du centre, ndlr], sur un projet de réforme social-libéral sur le plan économique, et une vision humaniste de la société et européenne. Je retrouve ces valeurs dans le projet d'Emmanuel Macron. Quand il y a une convergence des visions, il faut additionner les forces et ne pas s'opposer à ce en quoi l'on croit. Je m'inscris donc dans la majorité présidentielle, et je voterai la confiance au gouvernement ainsi que les réformes sur le travail, sur la moralisation de la vie politique, sur la sécurité et sur l'école.

Ne craignez-vous pas une réaction de votre parti, Les Républicains ?

Les Français attendent avant tout des résultats, car depuis quinze ans, les alternances au pouvoir n'ont pas été à la hauteur. Aujourd'hui, c'est une chance historique pour notre pays de rassembler des femmes et des hommes d'horizon politique différents. Environ 170 élus Les Républicains ont accepté la main tendue d'Emmanuel Macron. Défendre ces valeurs humanistes et libérales est essentiel pour moi. J’espère qu’elles seront de plus en plus entendues dans la majorité présidentielle et chez Les Républicains.

Que pensez-vous de la fin de la stratégie du «ni-ni» prônée par François Baroin, l'actuel chef de file LR ?

Je me réjouis de cette consigne, car le Front National est à l'opposé de tout ce qui est bon pour notre pays. A chaque fois qu'il y aura un candidat confronté au FN au second tour, il devra être soutenu.

A moins d'une semaine du premier tour, comment se passe votre campagne ?

Je reçois un bon accueil sur le terrain, je sens une dynamique. Les habitants me disent qu'ils veulent un député neuf. Je respecte Madame El Khomri, mais dans cette nouvelle configuration politique, je peux être un député neuf alors qu'elle a un passif dans le gouvernement de Monsieur Hollande. De plus, si je suis élu, je démissionnerai de mon poste au conseil régional d'Ile-de-France pour être député à plein temps. Je veux être un député de proximité, qui rend des comptes chaque semaine et expliquer les votes de l’Assemblée aux citoyens. Je veux aussi être à leur écoute et porter leurs initiatives.

Je ferai une proposition de loi pour doter Paris d'une police municipalePierre-Yves Bournazel

En tant qu'habitant du 18e arrondissement, quel regard portez-vous sur les problèmes d'insécurité ?

Il faut des solutions concrètes, durables et fermes contre tous les réseaux de passeur et de trafic, qui prospèrent sur la misère humaine, à la Chapelle, mais aussi dans d'autres quartiers comme Château Rouge, la porte de Clignancourt ou de Montmartre. Je demande donc à la préfecture de police et au ministère de l'Intérieur de renforcer les moyens d'investigation, d'interpellation et de sanction contre ces réseaux. Si je suis élu député, je ferai d'ailleurs une proposition de loi pour doter Paris d'une police municipale de proximité, présente en permanence sur le terrain en lien avec les habitants, et en charge de la lutte contre les incivilités.

Et concernant la question des migrants ?

Je suis pour que la France ait une politique intelligente d'accueil des migrants, en particulier des demandeurs d'asile politique. Il faut que les collectivités et l'Etat assument la création de centres d'accueil humanitaire. Mais il est aussi urgent que la France et l'Europe aient une vraie stratégie de développement dans les pays d'origine des migrants économiques. On doit prendre des mesures pour que ces pays développent leur propre vitalité économique et maintenir ces gens sur place. Si on n'agit pas, cela créera des conflits très durs dans le futur. La question des migrations est la grande problématique d'intérêt général du XXIe siècle.

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