Nouveau record record d'abstention

Dans de nombreux bureaux de votes, les urnes restent désespérément vides. [PASCAL GUYOT / AFP]

Les Français étaient encore moins mobilisés que la semaine dernière, pour le second tour des législatives. L'abstention pourrait atteindre 56,6%. 

La participation en métropole atteignait 35,33% à 17h, selon le ministère de l'Intérieur, en baisse à la même heure par rapport au premier tour (40,75%) et au second tour du scrutin de 2012 (46,4%).

Dimanche dernier, l'abstention avait déjà atteint un niveau record depuis 1958, à 51,29%. Elle pourrait grimper ce dimanche jusqu'à 53% à 54%, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012 (44,6% au second tour).

De nombreuses personnalités ont voté dans la matinée, notamment le président Macron, au Touquet (Pas-de-Calais), le Premier ministre Edouard Philippe (Le Havre), les ministres Richard Ferrand (Motreff) et Bruno Le Maire (Evreux), la présidente du Front national Marine Le Pen (Hénin-Beaumont) ou l'ancien président PS François Hollande (Tulle). 

«Encore moins de votants»

Quelque 47 millions d'électeurs sont appelés à voter, depuis 08H00 en métropole et jusqu'à 18H00, voire 20H00 dans la plupart des grandes villes. 1.146 candidats, dont 40% de femmes, s'affrontent dans 572 duels et une triangulaire pour tenter de décrocher l'un des 573 sièges encore en jeu pour un mandat de cinq ans. Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour, conséquence de la forte abstention.

Dimanche en début de matinée, à la mairie du 3e arrondissement de Lyon, le président du bureau Jérôme Maleski, constatait «encore moins de votants que la semaine dernière à cette heure». «Cet après-midi, il n'y aura personne à cause de la fête des pères et du beau temps, on aura sûrement un rush à partir de 18 heures». A Lyon, les bureaux de vote ferment à 20 heures.

«Le vote devrait être obligatoire. Un taux d'abstention pareil, ce n'est pas normal. Ce désintérêt général est révélateur du jemenfoutisme ambiant dans le pays. Le souci c'est qu'ensuite les gens vont aller râler dans la rue», commentait Natacha Dumay, enseignante de 59 ans, à la sortie d'un bureau de vote de Pantin, en Seine-Saint-Denis

Ce département enregistre la participation la plus faible à la mi-journée (9,56%) suivi de Paris (10,37%). Les meilleurs taux de participation sont enregistrés dans le Gers (27,50%) et en Corrèze (27,38%).

Renouvellement d'une ampleur inédite

Après le succès de REM dimanche dernier, le chef de l'Etat attend «une confirmation» qui lui permettrait d'appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail.

Son jeune mouvement, allié aux centristes de François Bayrou, pourrait ravir 400 à 470 circonscriptions sur 577, selon les projections, soit l'une des majorités les plus imposantes de la Ve République. Le renouvellement de l'Assemblée sera en conséquence d'une ampleur inédite.

REM présente 454 candidats pour ce second tour, devant Les Républicains (264), le FN (120), La France insoumise (67), le Parti socialiste (65) et le MoDem (62). 

Au premier tour, l'alliance REM-MoDem a obtenu 32,3% des voix mais sa position centrale lui permet d'espérer des reports de voix de candidats de droite comme de gauche et donc de gagner la plupart de ses duels de second tour.

Avec 21,56% des voix, LR allié à l'UDI ne peut espérer, selon les projections, que de 60 à 130 sièges, contre plus de 225 dans l'Assemblée sortante. Le FN (13,3% le 11 juin) n'est lui crédité que de 1 à 5 sièges, dont celui de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont.

À gauche, le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, pourrait n'en garder qu'une vingtaine. Avec 13,74% au premier tour, LFI et le PCF devraient en s'alliant pouvoir juste atteindre les 15 sièges nécessaires pour constituer un groupe.

Annick Girardin réélue sur le fil

Une partie des Français d'Outre-mer et de l'étranger ont voté dès samedi. Seule des six ministres en lice en danger après le premier tour, Annick Girardin (Outre-mer) a été réélue sur le fil à Saint-Pierre et Miquelon.

Au lendemain de ces législatives, Edouard Philippe devrait, comme le veut la tradition, remettre la démission de gouvernement pour être aussitôt chargé d'en former un nouveau avec a priori peu de changements.

La semaine sera aussi dominée par les tractations sur les répartitions des postes clés de l'Assemblée en vue de la séance inaugurale du 27 juin où sera élu le successeur de Claude Bartolone. La déclaration de politique générale aura lieu le 4 juillet et permettra de voir ce qu'il reste d'opposition puisqu'une partie des candidats LR, UDI ou PS bien placés pour être élus comptent voter la confiance à Edouard Philippe.

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