Tout savoir sur Sylvie Goulard, la ministre de la Défense démissionnaire

Sylvie Goulard, 52 ans, et soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, est ministre de la Défense depuis le 17 mai 2017. [ERIC PIERMONT / AFP]

Enarque, polyglotte, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron... l'eurodéputée Sylvie Goulard, 52 ans, avait été nommée mercredi 17 mai ministre de la Défense. Elle a démissionné du gouvernement mardi 20 juin.

Née à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 6 décembre 1964 sous le nom de Sylvie Grassi, Sylvie Goulard a la réputation d'être une femme talentueuse connaissant parfaitement ses dossiers. 

Bachelière à 15 ans, elle n’a pas encore 20 ans lorsqu’elle obtient en 1984 une licence de droit à l’Université d’Aix-en-Provence. Elle quitte ensuite sa Provence natale pour «monter» à Paris afin de poursuivre des études à Sciences Po. Diplômée de la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume en 1986, elle enchaîne ensuite avec l’École nationale d’administration (ENA).

Au sein de la promotion 1989, nommée «Liberté, Egalité, Fraternité», en raison du bicentenaire de la Révolution française, elle côtoie le breton Guillaume Goulard, aujourd'hui conseiller d'Etat, et qui deviendra son mari. De leur mariage naîtront trois filles.

L'Europe pour passion

Polyglotte - elle parle aussi bien l'anglais, que l'italien et l'allemand - la jeune énarque fait très tôt des questions européennes sa spécialité. Et alors qu'elle commence sa carrière à la Direction des affaires juridiques au ministère des Affaires étrangères, le destin va lui permettre de se faire remarquer. 

Le mur de Berlin s'effondre en 1989 et Sylvie Goulard est alors propulsée au sein de l'équipe française chargée de négocier la réunification de l'Allemagne. Puis, après un passage au Conseil d'Etat entre 1993 et 1996, elle travaille au service de prospective du ministère des Affaires étrangères avant de devenir chercheuse associée au Centre de recherches internationales (CERI), entre 1999 et 2001.

Conseillère de Romano Prodi

Au tout début des années 2000, Sylvie Goulard amorce un tournant décisif. Elle devient ainsi la conseillère politique du président de la Commission européenne Romano Prodi, poste qu'elle occupera jusqu'en 2004.

Elle est notamment chargée du suivi de la Convention sur l'avenir de l'Europe, présidée par Valéry Giscard d'Estaing, dans le but de rédiger un projet de traité constitutionnel. Et si elle a quitté le CERI, elle n'en délaisse pas pour autant l'enseignement puisqu'elle continue de donner des cours, à Bruges et à Paris.

Eurodéputée

Au contact de Romano Prodi, Sylvie Goulard affirme ses ambitions politiques. Elle se présente aux élections européennes de 2009 et est élue députée européenne sur la liste du Mouvement démocrate (MoDem) dans la circonscription Ouest de la France. Elle devient alors membre du groupe parlementaire de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE).

L'année suivante, en 2010, Sylvie Goulard cofonde, avec Daniel Cohn-Bendit, Isabelle Durant et Guy Verhofstadt, le groupe Spinelli, une association de députés européens, d'universitaires et d'autres personnalités politiques qui a pour objectif de promouvoir le fédéralisme européen. Aux Européennes de 2014, elle sera réélue non plus sur une liste de l’Ouest, mais du sud-est de la France, sous l’étiquette ALDE.

La voie Macron

En septembre 2016,  Emmanuel Macron est invité à Lyon pour assister au Sommet des réformistes européens. Un événement organisé par l’Institut Montaigne, un cercle de réflexion libéral, et par les Gracques, un think tank proche de l’aile droite du parti socialiste (PS).

Sylvie Goulard, également présente à cette occasion, ne fait alors pas mystère de son désir de se mettre «En Marche!», du nom du mouvement lancé en avril 2016 par l’ancien protégé de François Hollande.

Le pas franchi presque aussitôt, elle sera dès lors d'une aide fondamentale pour le jeune candidat à l'Elysée officiellement investi président de la République dimanche 14 mai 2017. C'est elle qui est notamment à l'origine de la rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, le 16 mars dernier.

Un privilège rare qui n'avait été accordé qu'à François Fillon deux mois auparavant.

 

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