Les travaux de l'exécutif démarrent

Plusieurs dossiers clefs attendent l’exécutif.[Etienne LAURENT / POOL / AFP]

Emploi, sécurité, éducation, moralisation… Désormais assurés d’une majorité, le président et son Premier ministre comptent agir vite.

Place au gros œuvre. Après avoir parachevé sa conquête de l’Elysée en faisant de son mouvement, La République en marche, la première force à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a maintenant les moyens d’appliquer sa politique. S’appuyant sur une forte cote de popularité (64% de Français satisfaits, selon le dernier sondage de l’Ifop), le président de la République entend «agir vite», en engageant un certain nombre de réformes promises lors de sa campagne.

Le Code du travail à remodeler pour réduire le chômage

Dès les prochaines semaines, Emmanuel Macron compte assouplir le droit du travail pour favoriser l’embauche, dans le prolongement de la loi El Khomri. Au menu, notamment : la primauté des accords d’entreprise sur ceux de branche, le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, ou encore la création d’un «CDI de projet», qui prendrait fin une fois la mission achevée, à l’image des contrats de chantier déjà utilisés dans le BTP. Des mesures phares que le gouvernement souhaite aménager en urgence, sans débats parlementaires. Un projet de loi d’habilitation à réformer par ordonnances devrait ainsi être adopté mercredi en Conseil des ministres. Avec une application prévue pendant l’été, au risque de se heurter à la résistance des partenaires sociaux.

La lutte contre la menace terroriste à renforcer

Alors que la menace jihadiste plane sur le territoire depuis plus de deux ans, le gouvernement veut aller plus loin dans la logique sécuritaire, avec un nouveau projet de loi anti-terroriste dévoilé la semaine dernière. Petite révolution à venir : l’inscription de l’état d’urgence – régime d’exception instauré depuis les attentats de novembre 2015 – dans le droit commun, après sa prolongation jusqu’au 1er novembre. Le texte, très critiqué, mais validé par le Conseil d’Etat, est présenté par l’exécutif comme la «solution» pour «concilier efficacité et respect des libertés fondamentales».

L’enseignement à adapter aux besoins des élèves

L’école devrait rapidement changer de visage sous l’action du ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer. Parmi les mesures qui prendraient effet dès la rentrée prochaine : la limitation à douze élèves dans les classes de CP des quartiers défavorisés (environ 2.500 classes), la restauration des parcours bilangues au collège, ou encore le rétablissement du redoublement dans certains cas. D’autres dispositions, dont celle qui permettrait aux établissements de revenir à la semaine de quatre jours en primaire, devraient être enclenchées au cours de l’année 2018.

La vie politique à moraliser pour redonner confiance aux électeurs

Destiné à assainir les pratiques des responsables politiques, le projet de «loi pour la confiance dans (la) vie démocratique» doit être discuté dans les prochaines semaines, avant d’être validé par une réforme constitutionnelle à la rentrée. Le texte prévoit l’interdiction pour un élu de recruter des membres de sa famille, la limitation du cumul des mandats dans le temps, la suppression de la réserve parlementaire ou encore un meilleur encadrement des conflits d’intérêts avec le privé.

Les comptes publics à assainir en refondant la fiscalité

Le gouvernement entend s’attaquer, dès cet été, à l’épineux dossier de la dégradation des finances publiques. Au programme du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire : la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point, la baisse de la taxe d’habitation ou encore celle de l’impôt sur les sociétés à 25%, sur toute la durée du quinquennat. Avec, en ligne de mire, la sacro-sainte limite des 3% de déficit budgétaire.

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