Pôle emploi attaqué par des chômeurs pour des «formations bidons»

Les plaignants demandent chacun 50.000 euros pour préjudice moral et financier.[PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Deux chômeurs ont décidé d’attaquer Pôle emploi en justice mardi. Ils jugent que la formation qu’ils avaient suivie était «bidon».

Ce type de programme avait été mis en place par François Hollande, dans le cadre de son projet pour inverser la courbe du chômage. L’objectif était de proposer des formations prioritaires aux demandeurs d’emploi afin d’éviter le chômage de longue durée, et de favoriser le retour à l’emploi grâce à l'obtention d'un diplôme.

Les deux demandeurs mécontents souhaitaient s’orienter vers une carrière de cuisinier. Pôle emploi les a alors dirigés vers l’organisme ISP. «Seulement, si leur demande portait sur un BEP cuisine, le contenu de la formation s’apparentait plus à une formation de serveur. Avec à la clé un certificat professionnel qui n’avait pas la même valeur qualifiante que le diplôme qu’ils cherchaient», a expliqué Maître Emilie Videcoq, qui accompagne les deux plaignants, à L’Express.

En plus de ne pas correspondre aux attentes des deux formés, les huit mois de formation ont été désastreux, et dispensés dans des «locaux quasiment insalubres», a dénoncé l’avocate au Figaro. «Pôle emploi a deux responsabilités», a-t-elle ajouté à L’Express. «La première c’est celle d’informer les stagiaires sur le contenu précis de la formation. La seconde, c’est d’opérer un contrôle préalable sur le contenu et la qualité de la formation».

Les plaignants demandent ainsi 50.000 euros chacun pour préjudice moral et financier. Aucun des deux n’a été en mesure de compléter la formation : l’un avait été exclu en cours de formation, et l’autre n’a jamais été convoqué aux examens, des sanctions qui auraient fait suite à leurs protestations.

Le recours a été déposé avec le soutien de la CGT-Chômeurs, qui a, à maintes reprises, critiqué le plan des «500.000 formations», qu’ils accusaient d’être destiné à «dégonfler les chiffres du chômage». Pôle emploi a déjà réagi à cette affaire, déclarant que «l’inspection du travail avait été saisie», et que «plus aucun demandeur d’emploi n’a été envoyé dans cet organisme». 

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