Baisse des aides aux logements : les équipes Macron et Hollande se renvoient la faute

Christian Eckert, ex-ministre du Budget a dénoncé cette attaque. [STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Les équipes Macron et Hollande se renvoient la responsabilité de la baisse à venir, très critiquée, des aides au logement, qui ne pourrait être qu'une étape avant une réforme d'un système accusé d'entretenir la hausse des loyers.

Une responsable du ministère de la Cohésion des territoires, en charge notamment du Logement, a annoncé samedi à l'AFP que toutes les aides au logement allaient baisser de 5 euros par mois et par foyer à partir d'octobre et assuré qu'il s'agissait de «l'application d'une réforme d'économie budgétaire décidée sous le quinquennat précédent».

«Nous ne l'avons jamais envisagée. Jamais. Je suis formel. Elle ne nous semblait pas juste», a répliqué dimanche l'ex-ministre du Budget de François Hollande, Christian Eckert. Son ancienne collègue au Logement, l'écologiste Emmanuelle Cosse, a, elle, accusé le nouveau gouvernement «de dire n'importe quoi». Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, «n'assumant pas cette mesure de rigueur très dure et qui va faire très mal dans les publics défavorisés, explique que c'est l'application d'une réforme que nous aurions mis en place, ce qui est faux», a-t-elle dénoncé.

Mais l'actuel ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, assure que «c'est une mesure qui découle du fait que le projet de loi de finances 2017 avait été sous-doté, car le précédent gouvernement avait prévu, sans l'annoncer, une baisse du montant de ces aides de 140 millions d'euros». «Sauf qu'ils nous ont laissé la faire», a poursuivi M. Mézard, en ajoutant que le gouvernement n'avait «pas d'autre solution que de la mettre en oeuvre pour combler ce trou».

Une mesure qui va «toucher durement les plus pauvres».

Selon M. Eckert, «à chaque changement de ministre, il se passe le même scénario : la direction du Budget présente une liste de mesures que l'on appelle "le musée des horreurs", des mesures généralement refusées par les prédécesseurs et qu'elle essaye de replacer». Il a par ailleurs estimé qu'il était trop tôt pour parler de «trou budgétaire».

«L'année n'est pas terminée. Comment peuvent-ils savoir en juin qu'il va manquer 140 millions à la fin de l'année sur un budget de 18 milliards d'euros ?», s'est-il interrogé. Le PS a lui jugé «inacceptable» la mesure et «affligeante» la «volonté de faire porter la responsabilité de cette décision à la majorité précédente». Cette mesure est «injuste», a renchéri EELV, et elle va «toucher durement les plus pauvres».

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