Réformes sociales : les syndicats reçus au ministère du Travail avant une intersyndicale

Muriel Pénicaud a poursuivi mardi ses tête-à-tête avec les dirigeants syndicaux.[BERTRAND GUAY / AFP]

Muriel Pénicaud a poursuivi mardi ses tête-à-tête avec les dirigeants syndicaux sur les réformes sociales à venir, avant une réunion de l'intersyndicale dans la soirée pour décider d'une éventuelle action commune.

Après Laurent Berger, numéro un de la CFDT reçu vendredi dernier - qui avait estimé que la réforme de l'apprentissage démarrait sous de «bons auspices» - le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a été reçu mardi matin par la ministre du Travail.

«Nous avons donné à la ministre les propositions de la CGT» sur une «formation de qualité» qui «n'est pas réservée à certains», ainsi que sur l'apprentissage, a-t-il expliqué en sortant.

«Nous à la CGT, on râle c'est vrai, mais on propose», a-t-il lâché.

«Sur l'apprentissage, nous voulons que les choses soient rapides», a-t-il ajouté, car «pour une véritable concertation, il n'y a pas besoin de parler pendant deux mois».

La réforme de l'assurance chômage pas évoquée

La réforme de l'assurance chômage, chantier le plus périlleux, n'a pas été évoquée mardi matin, a-t-il précisé.

«Je confirme que cela n'est pas encore cadré du côté gouvernemental, à la fois sur la gouvernance, la manière de traiter la question des indépendants ou des démissionnaires », a dit à ce sujet en sortant le patron de FO, Jean-Claude Mailly.

François Asselin (CPME), François Hommeril (CFE-CGC) et Alain Griset (U2P) seront encore reçus mardi. Le président du Medef Pierre Gattaz a lui rendez-vous mercredi matin.

Tous ont déjà été reçus par Emmanuel Macron et Edouard Philippe, selon la méthode éprouvée pour les ordonnances, avec à Matignon la présence aussi du ministre de l'Education Nationale Jean-Michel Blanquer, partie prenante des réformes apprentissage et formation.

Le Premier ministre précise le calendrier

Le Premier ministre, qui a un peu précisé le calendrier la semaine dernière, présentera mercredi «la méthodologie» et le «programme de travail» des nouvelle réformes.

Pour l'instant, les partenaires sociaux ont compris qu'il y aurait une «négociation» interprofessionnelle sur la formation, une «concertation» pour l'apprentissage débutant en fin de mois et plus tard une «réunion multilatérale» sur l'assurance chômage comme ils le réclamaient.

Sur la formation professionnelle, M. Mailly a confirmé en sortant du ministère que serait envoyé «tout début novembre un documentation d'orientation nous demandant si on veut négocier».

Les syndicats en ordre dispersé

En tous cas, les syndicats pourront engranger quelques informations avant l'intersyndicale qui se tient mardi à 18H00 au siège de la CFDT.

Le 9 octobre, une première intersyndicale avait échoué à décider d'une action unitaire. Les syndicats avaient simplement convenu de se revoir après les premières rencontres avec l'exécutif sur les nouvelles réformes.

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, ils avancent en ordre dispersé.

La CGT a manifesté à trois reprises contre les ordonnances réformant le droit du travail, rejointe par Solidaires, mais la dernière mobilisation a nettement marqué le pas.

Seule les revendications de la fonction publique ont réussi à réunir l'ensemble des syndicats, le 10 octobre.

«Quand on peut avoir une unité d'action sur des bases assez claires, tant mieux, on pèse plus quand on est ensemble que séparément, mais on a vu que dans la dernière période cela n'était pas aussi que simple que cela», a reconnu lundi M. Mailly.

«Un coup de semonce au gouvernement»

Lui-même, chahuté par sa base, a accepté le principe d'une mobilisation, «avant le débat sur la ratification (des ordonnances sur le travail, ndlr), donc avant la semaine du 20 novembre».

Interrogé sur cette réunion mardi matin, M. Martinez a dit attendre que puissent être faites des «propositions communes» et souhaiter qu'il «puisse y avoir le plus rapidement possible (...) une journée de mobilisation pour fédérer un peu tous les mécontentements qui existent dans ce pays».

«Un coup de semonce au gouvernement», a-t-il résumé.

Aussi reçu au ministère, Philippe Louis président de la CFTC, qui a lui «tourné la page des ordonnances», prévient: «Si cette intersyndicale ne va juste que dans le sens de dire quand est-ce qu'on fait une journée de manifestation", là ça se fera sans nous.»

Entre les réunions au ministère et l'intersyndicale tomberont mardi de quoi alimenter les débats: les chiffres de Pôle Emploi pour le mois de septembre.

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