13 novembre 2015, une date gravée à jamais

Des gerbes de fleurs seront déposées, dans le silence, ce lundi. [© BRUNO FABIEN/SIPA]

Un souvenir douloureux. Deux ans ont passé depuis le soir tragique où des commandos jihadistes ont fait 130 morts et 413 blessés dans les rues de Paris et à Saint-Denis. Un carnage qui fait de ces attentats les plus meurtriers sur le territoire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pour honorer la mémoire des victimes, le président Emmanuel Macron doit se rendre ce lundi, avec son prédécesseur François Hollande, sur tous les lieux des attaques – du Stade de France au Bataclan, en passant par les bars et restaurants frappés. A la demande des familles, il n’y aura ni prise de parole ni discours officiel. Seule une gerbe de fleurs sera déposée et une minute de silence respectée à chaque étape. Un hommage tout en sobriété pour un pays encore en convalescence.

Une nation en reconstruction

Les victimes directes de la tragédie ont toutes les peines du monde à se remettre de leurs blessures, autant physiques que psychiques. «Certaines ont besoin de traitements lourds à domicile, une vingtaine d’autres sont encore hospitalisées», explique Alexis Lebrun, porte-parole de l’association de soutien Life for Paris. A ce jour, plus de 2 500 personnes ont été indemnisées par le Fonds de garantie. Si bien qu’au total, 64 millions d’euros leur ont été versés afin de les aider.

Les cafés et restaurants pris pour cible le soir du drame ont, de leur côté, fait peau neuve, tandis que la salle de concert du Bataclan, rouverte il y a un an, affiche quasi-complet à chaque spectacle. Le pays se reconstruit aussi à mesure que l’enquête avance. Une investigation «tentaculaire» qui a permis jusqu’ici l’arrestation de treize suspects, a précisé le procureur de la République, François Molins, la semaine dernière. Les enquêteurs espèrent boucler l’instruction «au printemps 2019».

Quant à Salah Abdeslam, seul survivant des commandos et arrêté à Molenbeek après quatre mois de cavale, il sera jugé pour la partie belge du dossier à partir du 18 décembre.

Une nouvelle loi anti-terroriste

Alors que le pays se redresse petit à petit, la menace «reste très élevée», a rappelé ce dimanche le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Pas moins de cinq attentats ont été commis depuis fin 2015 sur le territoire, et une trentaine d’attaques auraient été déjouées. D’ailleurs, 92 % de la population estime le risque terroriste important, selon un sondage IFop publié hier, mais le premier flic de France se veut rassurant. Les services français seraient «mieux armés qu’il y a deux ans».

Dernière évolution en date : la nouvelle loi anti-terroriste entrée en vigueur le 1er novembre, venue remplacer l’état d’urgence instauré au lendemain des attentats. Le but : simplifier le travail des enquêteurs en facilitant les perquisitions et les assignations à résidence. Un arsenal juridique jugé liberticide par l’opposition, mais censé correspondre à la hauteur de la menace.

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