Polémique Charlie Hebdo-Mediapart : Riss répond à Plenel dans un édito à charge

Edwy Plenel a réagi estimant que «l'édito de Charlie» relevait de la «pure manipulation.[AFP]

Le torchon brûle (vraiment) entre Charlie Hebdo et Edwy Plenel. Irrité par la une du 8 novembre sur laquelle apparaissaient quatre caricatures le représentant, le président de Mediapart était violemment monté au créneau contre l'hebdomadaire satirique.

Celui-ci vient de lui répondre par l'intermédiaire d'un édito choc de son directeur de la rédaction publié sur Twitter mardi et à retrouver ce mercredi en kiosques. Alors qu'Edwy Plenel avait considéré ladite couverture de Charlie Hebdo -consacrée à l'affaire Tariq Ramadan et à l'enquête menée par Mediapart sur l'islamologue controversé- comme une «une campagne plus générale (...) de guerre faites aux musulmans», Riss estime qu'à travers sa déclaration «Plenel condamne à mort une deuxième fois Charlie Hebdo».

Et le journaliste de poursuivre : «Cette phrase, qui désigne Charlie Hebdo comme un agresseur supposé des musulmans, adoube ceux qui demain voudront finir le boulot des frères Kouachi». Avant d'ajouter : «Si demain on nous liquide tous, si demain nous ne sommes plus là, espérons qu'il subsistera quelques courageux qui demanderont justice contre ceux qui nous auront frappés, mais aussi contre les esprits qui les auront armés».

De nombreuses personnalités politiques parmi lesquelles l'ex-Premier ministre Manuel Valls ou le député PS Olivier Dussopt se sont émus du texte de Riss et ont renouvelé leur soutien à la liberté d'expression.

Peu après que ce texte au vitriol ne soit dévoilé, Edwy Plenel a, de son côté, réagi estimant que «l'édito de Charlie» relevait de la «pure manipulation», puisqu'il s'appuyait sur des déclarations tronquées selon lui. 

Le point Godwin atteint

Le président de Mediapart fait par ailleurs face à une autre polémique. Toujours suite à la une de Charlie Hebdo du 8 novembre dernier, il avait twitté «L'affiche rouge de Charlie», en pointant du doigt la couverture. Or, comme le rappelle Renaud Dély dans Marianne du 10 novembre, le terme employé par Plenel semble bien renvoyer «à l'affiche rouge placardée par l'occupant allemand en 1944 à plus de 15.000 exemplaires pour dénoncer les 23 résistants du groupe Manouchian condamnés à mort».

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