Bientôt un Etat sur l'eau réservé aux ultra-riches ?

L'institut Seasteading prévoit d'inaugurer une première île d'ici à 2020 dans l'océan Pacifique (illustration). L'institut Seasteading prévoit d'inaugurer une première île d'ici à 2020 dans l'océan Pacifique (illustration). [© Seasteading Institute]

Un Atlantide high-tech pour s'affranchir de l'Etat. L'institut Seasteading travaille actuellement sur un projet aussi futuriste que préoccupant : une fédération d'îles artificielles qui serait reconnue comme un Etat à part entière.

Cette nouvelle «nation», que formeraient cette multitude d'archipels, serait réservée aux misanthropes si riches qu'ils ne voudraient plus rien devoir aux gouvernements de leur pays d'origine, rapporte The New York Times.

L'objectif affiché : libérer les citoyens (ceux qui le souhaitent) des actions des politiciens en réécrivant les règles de gouvernance d'un «pays» que l'on aura choisi d'habiter. Et évidemment, but moins avouable, s'affranchir de tous les impôts nationaux et autres prélèvements obligatoires.

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© Seasteading Institute (illustration)

Un «pays start-up» sur l'eau

«Si nous pouvons développer notre ville flottante, il s'agira d'un "pays start-up", assure le président de Seasteading, Joe Quirk, au New York Times. Nous pouvons à terme créer une grande diversité de gouvernements pour une grande diversité de personnes.»

Et ce monde sur l'eau serait, selon lui, moins sujet à conflits : «Les gouvernements vont de plus en plus mal. Ils sont bloqués dans les siècles précédents. Parce que leur présence terrestre les incite à vouloir en contrôler toujours plus.»

Financé partiellement par Peter Thiel, milliardaire cofondateur de Paypal et célèbre soutien de Donald Trump, l'institut Seasteading prévoit d'inaugurer une première île d'ici à 2020 dans l'océan Pacifique.

Des débuts au large de Tahiti

Et ce projet est déjà dans les starting-blocks. Plus tôt dans l'année, le gouvernement de la Polynésie française a autorisé l'institut Seasteading à entamer les essais dans ses eaux. Une quarantaine d'hectares leur a été concédée au large de Tahiti. A noter que, si la Polynésie s'intéresse au projet, c'est notamment parce que l'archipel est lui-même menacé par la montée des eaux.

L'ambition ? Construire une douzaine de structures (en matériaux écologiques) d'ici à trois ans, comprenant maisons, hôtels, bureaux, lieux de loisirs et restaurants. Le tout pour un coût estimé à soixante millions de dollars. Chaque bloc serait alors vendu quinze millions de dollars aux acheteurs intéressés.

Reste à savoir combien de multi-millionnaires accepteront de s'enfermer à vie dans un entre-soi sur une île, aussi luxueuse soit-elle.

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© Seasteading Institute (illustration)

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