Le CSA s'érige en défenseur de la cause des femmes

Photo du logo du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), prise le 5 Mars 2012 à Paris.  [THOMAS SAMSON / AFP/Archives] Le CSA est notamment revenu sur l'émission de Laurent Ruquier. [THOMAS SAMSON / AFP/Archives]

Le CSA est monté au créneau à propos de la façon dont les femmes sont traitées dans les médias audiovisuels: mercredi, l'instance a rappelé à l'ordre France Télévisions après la séquence controversée Angot/Rousseau et infligé une amende d'un million d'euros à NRJ pour un canular aux propos «avilissants».

Ces décisions interviennent quelques jours après l'annonce par France 2 du licenciement de l'animateur Tex après une blague sur les femmes battues.

Pour «manquement» à sa «responsabilité particulière en matière de lutte contre les violences faites aux femmes» lors de l'émission de Laurent Ruquier «On n'est pas couché», sur France 2, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a «mis en demeure» France Télévisions, une décision préalable à une éventuelle sanction.

Le CSA a notamment critiqué un «choix de montage trompeur» de cette émission diffusée le 30 septembre : la production a enlevé du montage final une séquence où la chroniqueuse Christine Angot quittait le plateau, mais a conservé des séquences où l’invitée, l'ex-députée EELV Sandrine Rousseau, «n’a pu masquer son émotion» face aux «propos tenus par les deux chroniqueurs».

L'ancienne députée était venue présenter un livre dans lequel elle revient sur l'affaire Denis Baupin, ancien député écologiste contre qui elle avait porté plainte pour agression sexuelle (des faits non poursuivis car prescrits). Christine Angot, écrivaine elle-même victime d'inceste, s'était emportée contre Mme Rousseau. Plusieurs centaines de téléspectateurs avaient saisi le CSA après l'émission, tout comme la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa.

Selon le CSA, les interventions de l’animateur Laurent Ruquier pendant la séquence ont également «été caractérisées à plusieurs reprises par une attitude de complaisance à l'égard du parti-pris choisi par les chroniqueurs attitrés de l’émission s’agissant d’un sujet particulièrement grave et douloureux».

Le groupe public n'a pas souhaité commenter cette décision. «Ce que vous avez vu n'est rien d'autre que la vie», s'était défendu Laurent Ruquier dans son émission la semaine suivante, estimant que c'était «deux victimes» qui exprimaient «leur douleur».

Amende d'un million d'euros

Le régulateur de l'audiovisuel a simultanément infligé à NRJ une amende d'un million d'euros pour un canular diffusé dans une émission de Cauet le 9 décembre 2016. Dans cette émission, une auditrice appelle sa belle-sœur pour lui annoncer qu’elle a eu des relations sexuelles avec le conjoint de cette dernière, la qualifiant notamment de «grosse truie».

Selon le CSA, les auteurs de ce long canular «ont formulé des commentaires avilissants relatifs au physique d’une femme, victime du canular, ainsi que des insultes et des propos dégradants concernant sa vie intime». «Le caractère prétendument humoristique de la séquence ne pouvant exonérer l’éditeur de sa responsabilité, pas plus que le consentement de la victime à la diffusion de cette séquence», a souligné le Conseil.

NRJ a annoncé dans un communiqué «un recours devant le Conseil d’Etat» contre une amende «qu’elle estime injuste et totalement disproportionnée».

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