Lait contaminé : plusieurs perquisitions chez Lactalis

Près de 80 personnes sont mobilisées uniquement sur le site de Craon (Mayenne). [Damien Meyer / AFP].

Plusieurs sites du groupe alimentaire Lactalis, empêtré dans un scandale de contamination de laits infantiles par des salmonelles, sont perquisitionnés ce mercredi 17 janvier, a-t-on appris de sources concordantes, confirmant une information du Point.

Ces investigations se font dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte le 22 décembre dernier par le pôle santé publique du parquet de Paris pour «tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine» et «inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit» préjudiciable à la santé.

Trente-sept bébés ont été atteints de salmonellose en France après avoir consommé des laits infantiles Lactalis infectés, selon un bilan arrêté au 11 janvier.

L'usine de Craon, en Mayenne, d'où sont partis les produits contaminés, a ainsi été investie par les gendarmes de la section de recherches (SR) d'Angers et de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp), tous deux spécialisés dans ce type de dossier.

Des magistrats du pôle santé du parquet de Paris et des agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) étaient également présents sur place, soit près de 80 personnes au total.

Quatre autres sites également visés

En plus de l'usine de Craon, le siège social de Lactalis, situé à Laval (Mayenne), fait également l'objet d'une perquisition.

Sont également visés les locaux des services de contrôle qualité du groupe, situés à Torcé (Ille-et-Vilaine), le siège social à Changé (Mayenne), et les locaux de Lactalis International Europe à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). Des informations confirmées par le parquet de Paris.

«Je vous confirme que des enquêteurs sont sur les sites du groupe. Comme nous l'avions indiqué, Lactalis se met à disposition de la justice et apportera tous les éléments nécessaires au bon déroulement de l'enquête», a déclaré de son côté à l'Agence France-Presse Michel Nalet, le porte-parole du groupe laitier.

Des reproches en cascade

Lactalis, anciennement Besnier du nom de son PDG, est le deuxième groupe agroalimentaire français.

Il s'est retrouvé sous le feu des critiques notamment pour avoir manqué de transparence et tardé à réagir après la détection de salmonelle dans son usine de Craon, alors que des contrôles internes, menés en août et novembre 2016, avaient révélé leur présence. 

Cette contamination, qui concernait toutefois seulement l'environnement du site et non les produits, n'a été révélée au public que début décembre.

Le rappel des lots de laits infantiles contaminés s'est par la suite fait de façon ncomplète, certains distributeurs ayant continué à vendre des produits potentiellement contaminés pendant plusieurs semaines, ternissant un peu plus l'image du groupe laitier.

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