Les 7 anecdotes à retenir du livre de Jean-Marie Le Pen

Le premier volume des «Mémoires» de Jean-Marie Le Pen sort en librairie le 28 février. [AFP]

Le livre de Jean-Marie Le Pen «Mémoires : Fils de la nation», qui sort ce mercredi, retrace la vie de l’homme politique, de sa naissance à la fondation du parti d’extrême droite français, le Front National, en 1972.

Sur quatre cent pages, le fondateur du FN revient sur les événements qui ont marqué sa vie et confie de nombreuses anecdotes.

Une pupille de la Nation

Jean-Marie Le Pen est né le 20 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan. Il a été scolarisé dans une école communale puis au collège des Jésuites de Vannes (Morbihan). A seulement 14 ans, il perd son père, mort à bord de son chalutier, qui a sauté sur une mine.

«A Saint-Gildas (de Rhuys, dans le Morbihan, ndlr) m’attend l’une des pires épreuves de ma vie. Arrivés sur la plage où sont déjà le maire, un employé municipal et les gendarmes, nous sommes conduits, Paul, maman et moi, jusqu’à un gros paquet ficelé dans une grossière toile noire. Je réalise alors seulement que mon père est mort, qu’il est là, dans une réalité terrifiante», raconte-t-il.

Une rencontre avec De Gaulle qui le «déçoit»

Pour Jean-Marie Le Pen, Charles de Gaulle «reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France». Il se souvient de sa première rencontre avec lui, en 1945. Il a alors 17 ans : «J’allais voir le 23 juillet le général de Gaulle à Auray (Morbihan, ndlr). Pour toucher le grand homme. Il n’avait pas encore acquis le métier des bains de foule et passait hiératique, un peu excédé, au milieu de la masse enthousiaste. Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu».

Une admiration pour les femmes

Jean-Marie Le Pen se confie sur ses histoires amoureuses, évoque «sa première fois» avec «une voisine» en 1944 à Carnac. Il décrit ses nombreuses rencontres : «Il est vrai que j’aimais les femmes, j’étais grand, fort, blond aux yeux bleus, cela plaisait à certaines, je ne vois pas pourquoi je me serais privé. D’autant que j’étais un amant sûr. En ces temps où la pilule n’existait pas, c’était un avantage capital et cela se savait, les filles parlaient entre elles».

Si aujourd’hui, le président d’honneur du Front national partage sa vie avec Jany Le Pen depuis vingt-cinq ans, il n’hésite pas à revenir sur une situation assez dérangeante lorsqu'il était plus jeune : «Un jour nous nous trouvions, un collègue et moi, dans une chambre de bonne au septième étage d’un immeuble du septième arrondissement, occupés à emmener au septième ciel une étudiante d’excellente famille et sa copine quand on ouvrit la porte en frappant : c’était la tante (…) J’avais eu le temps de me désarrimer et de rabattre le drap».

Une torture en Algérie qu’il dément

Dans le premier tome de ses «Mémoires», Jean-Marie Le Pen dément avoir eu recours à la torture lorsqu’il était en Algérie, lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes.

«L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain (…) Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possibles», a-t-il écrit.

Il revient également sur les accusations du journal Le Monde, concernant la violence qu’il aurait utilisée pendant la guerre : «Il s’agit d’une machination politique contre un parti qui avait le vent en poupe. Tout y est risible et sans fondement (…) C’est du bidon, du bidon, évidemment du bidon».

Un œil perdu

Dans les années 1970, Jean-Marie Le Pen perd l’usage de son œil gauche. L’ancien vice-président du Front national de 2011 à 2014, Alain Jamet, affirme qu’il aurait perdu la vue à la suite d’une bagarre où il aurait défendu Ahmed Djebbour, un ami algérien.

Mais dans ses «Mémoires», Jean-Marie Le Pen livre une tout autre version. Il a perdu son œil à cause d’un accident lors de la campagne présidentielle du candidat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour.

«La campagne est épuisante, avec l’organisation à surveiller, un discours chaque soir, et chaque jour le chapiteau à monter et démonter. A Hyères, en maniant le maillet pour enfoncer une sardine où l’on attache les cordes de tension, j’ai un choc à l’œil, on doit m’hospitaliser. Développement de la rétine. La tuile (…) A Lyon je consulte un ponte, le professeur Paufique. Son diagnostic est sans espoir : hémorragie dans le vitré. Il m’opère, mais je perds la vue d’un œil qui restera sensible à la douleur qu’elle lui cause. C’est pourquoi je porterai un bandeau, d’abord pour me protéger contre les batteries de projecteurs que l’on affronte sur scène». En 1980, son bandeau est remplacé par un œil de verre.

Un père peu présent pour ses filles

Dans son livre, Jean-Marie Le Pen ne s’attarde pas sur ses relations avec ses filles, «il est trop tôt», selon lui, pour évoquer ce sujet. «Je pourrais en dire du mal, je le fais parfois quand on m’y provoque. Je ne comprends pas tous leurs actes, ni tous les reproches qu’elles me font».

Il avoue toutefois ne pas avoir été un père présent pour ses trois filles : Marie-Caroline, Yann (la mère de Marion Maréchal-Le Pen) et Marine.

«Nous étions plus mari et femme que parents, je l’avoue», confie Jean-Marie Le Pen, lorsqu’il évoque sa relation avec son ex-femme Pierrette Le Pen. «Est-ce un mal, l’indépendance des parents ? Mes filles considèrent que oui. Elles ont l’air de m’en faire grief».

Il écrit plus de lignes sur sa relation avec Marine, la benjamine. «Elle est assez punie comme cela pour qu’on ne l’accable pas. Un sentiment me domine quand j’y pense : j’ai pitié d’elle. Je crois à la justice immanente. Sa stratégie et son stratège se sont plantés (…) En appliquant à me rendre ringard, elle s’est éclaboussée dans la manœuvre par son échec, et sans doute le Front national aussi, ce qui est plus grave», a-t-il écrit.

Un fan de musique

Insolite, Jean-Marie Le Pen révèle dans son livre avoir «toujours vécu en chantant» : «Je chante partout. Sous la douche, comme tout le monde, à la cuisine, en banquetant avec mes amis bien sûr, au bureau, à la tribune de l'Assemblée Nationale, à la radio si on me laisse faire, sur les bateaux, en marchant, je chante partout». 

L'ancien chef de file du Front national souligne chanter de tout, des «berceuses apprises» par sa mère aux «cantiques» de sa grand-mère, en passant même par «les chants de marin» de son père, Tino Rossi et... Céline Dion. 

Jean-Marie Le Pen reste de marbre face à un seul genre musical : le rap. «On m'a reproché d'avoir dit un jour que le rap était une attaque barbare contre la poésie populaire. C'est pourtant cela : il y a une synergie caractéristique entre les paroles du rap, souvent agressives, pleines de haine contre la France, les Français, et la métrique du rap, destructrice de la poésie française, de l'harmonie de notre langue. (...) C'est le grand remplacement du chant de la France». 

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