Ce que l'on sait sur le «violeur de la Sambre»

Dino Scala, le violeur présumé de la Sambre, a été mis en examen mercredi à Valenciennes (Nord). [ Crédit L'Observateur de l'Avesnois / AFP ]

Dino Scala, père de famille de 56 ans, a été arrêté mercredi à Valenciennes (Nord). Il a été mis en examen pour dix-neuf «viols et agressions sexuelles» mais a reconnu «une quarantaine» de faits. 

Agent d’entretien, le «violeur de la Sambre» s'est montré très coopératif lors de son arrestation. Et heureusement pour les enquêteurs, qui recherchaient l’homme depuis… 1996.

«Dans le cadre de sa garde à vue qui a duré 48 heures, il a largement coopéré. Il a très rapidement indiqué aux services d’enquête ce qu’il avait à dire sur les faits pour lesquels il était placé en garde à vue», a expliqué Jean-Benoît Moreau, avocat du violeur présumé, sur franceinfo.

«Un homme sans histoire»

Domicilié à Pont-sur-Sambre (Nord), Dino Scala a été décrit comme «un homme sans histoires», impliqué dans la vie associative de sa commune. Il a été pendant plusieurs années joueur et entraîneur du Football Club de Pont-sur-Sambre.

Mais depuis trente ans, Dino Scala aurait mené une double vie. Les faits dont il est accusé pourraient remonter à 1988. Selon les victimes, il agissait toujours de la même façon. Il les attaquait de dos, juste avant l’aube, lorsqu’il faisait encore nuit. Il opérait toujours le visage masqué avec des gants pour tenter de ne laisser aucune trace. Ses victimes, des collégiennes, professeures ou agentes de service étaient âgées de 15 à 50 ans. L’homme était violent, et menaçait parfois ses victimes d’un couteau ou leur attachait les mains avec une cordelette.

Inconnu des services de police

Cette discretion a rendu la tâche difficile aux enquêteurs. De plus, l'homme n’était pas connu des services de police : son casier judiciaire était vierge. Il n’était pas non plus inscrit au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), qui regroupe les empreintes génétiques utiles à la résolution d’enquêtes visant les criminels et agresseurs sexuels.

Son ADN avait toutefois été recueilli sur plusieurs scènes de viol. Depuis de nombreuses années, les enquêteurs français et belges travaillaient ensemble, en toute discrétion. Une centaine de suspects ont été interrogés, mais en vain. Les enquêteurs français nommaient leur cible «le violeur de la Sambre», quant aux enquêteurs belges, ils avaient pour nom de code «le violeur à la cordelette», le «violeur au bonnet» ou encore «le violeur du matin».

C'est l’agression d’une jeune fille début février, dans la commune belge d’Erquelinnes, qui a permis d'appréhender le suspect. Le mode opératoire était semblable aux anciennes affaires. Les images de vidéosurveillance ont permis d’identifier un modèle de voiture, une Peugeot 206. La plaque d’immatriculation était lisible, les enquêteurs ont pu remonter jusqu’à son identité. Lundi, les policiers ont pu enfin interpeller l'homme alors qu'il se rendait au travail.

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