Election pour la présidence du PS : tout savoir sur Emmanuel Maurel

Le député européen Emmanuel Maurel fait figure de challenger dans la course à la présidence du PS. [ZAKARIA ABDELKAFI / AFP]

Aujourd'hui député européen au sein de l'Alliance des socialistes et démocrates, Emmanuel Maurel, 44 ans, est candidat au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste. 

On dit de lui qu'il est le quatrième homme. Mais contrairement à Luc Carvounas, Olivier Faure et surtout Stéphane Le Foll, il est sans doute le moins connu de tous les candidats. 

De quoi, peut-être, susciter un peu de curiosité de la part des Français et ce alors qu'il va devoir défendre son projet à l'occasion d'un débat organisé ce mercredi 7 mars.

Un représentant de l'aile gauche du PS

Né le 10 mai 1973 à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), d'un père ingénieur agronome et d'une mère professeur de mathématiques en lycée, Emmanuel Maurel a grandi dans le Val-D'Oise.

Dans un portrait que le journal Libération lui a consacré, on apprend qu'il s'éveille à la politique alors qu'il est encore adolescent, à l'occasion des grandes manifestations contre la loi Devaquet, et, surtout, avec la mort de Malik Oussekine, le 6 décembre 1986.

Mais c'est une rencontre avec une ancienne institutrice, alors qu'il effectuait sa tournée de facteur pour financer ses études à Sciences Po Paris, qui le convaincra ensuite de militer au Parti socialiste.

Classé à l'aile gauche du parti, il sera successivement conseiller municipal de Persan (Val-d'Oise) de mars 2001 à mars 2014 et secrétaire national du PS de 2008 à 2012.

Il a, en outre, été élu conseiller régional de la région Île-de-France en mars 2004, fonction qu'il occupera jusqu'en décembre 2015.

En 2012, lors du congrès de Toulouse, il s'était déjà présenté à la présidence du Parti socialiste. La motion qu'il portait avait récolté alors 13 % des suffrages. Quoique deuxième, il était loin derrière Harlem Désir, élu facilement avec 67,87 % des voix.

Aujourd’hui, député européen, il veut, dit-il, dépasser les courants au sein du Parti socialiste et «reconquérir le cœur des ouvriers, le cœur de la France qui se lève tôt et que l’on n’entend pas».

Et il assume, à sa façon, d'être un apparatchick, adjectif qu'il retourne d'ailleurs volontiers à ses adversaires : «Mes concurrents ne sont pas des apparatchiks ? Et si apparatchik ça veut dire «homme de parti», alors oui, je suis un homme de parti», a-t-il ainsi déclaré, toujours à Libération.

Un lien maintenu avec Jean-Luc Mélenchon

Homme de compromis, Emmanuel Maurel a également la particularité d'avoir maintenu le lien avec l'ex-socialiste et désormais insoumis, Jean-Luc Mélenchon, dont il a été l'assistant parlementaire au Sénat.

En 2008, lors de l'emblématique congrès de Reims - qui pour rappel avait été entâché de rumeurs de fraudes de part et d'autres entre le camp de Martine Aubry et Ségolène Royal - Emmanuel Maurel et Jean-Luc Mélenchon avaient ont tous deux signé la motion «Un monde d’avance», alors emmenée par Benoît Hamon.

Une vieille amitié qui, aujourd'hui, alimente les rumeurs d'un possible rapprochement avec La France Insoumise si Emmanuel Maurel parvenait à prendre les rênes du parti et ce dont il se défend : «J’aime mon parti, ses rituels, ses militants, et je ne me résous pas à le voir disparaître. Contrairement aux autres, rien de ce qui est à gauche m’est étranger».

Emmanuel Maurel n'hésite pas non plus à revendiquer sa nostalgie d'un socialisme «à l'ancienne». Ses amis affirment ainsi qu'il invoque souvent la mémoire de François Mitterrand pour parler d'une époque où les débats de fond primaient sur le reste.

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