Frédérique Vidal : les examens universitaires «auront bien lieu», quitte à les faire passer sur Internet

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a dénoncé la «désinformation» entourant sa réforme[AFP / ARCHIVES]

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a réagi à la mobilisation étudiante actuelle en réaffirmant son intention de ne pas céder aux «bloqueurs». 

Dans un entretien accordé au quotidien Ouest France/Aujourd'hui en France, ce samedi 7 avril, celle qui porte la loi ORE, relative à l'«orientation et la réussite des étudiants», a évacué la possibilité d'un report des examens, en affirmant qu'«ils auront bien lieu» malgré les blocages de plusieurs facultés en France.

«Une université est composée de plusieurs facultés, il est toujours possible de délocaliser les examens dans les facultés ou ailleurs, là où le climat est plus serein, a-t-elle assuré. Pour autant, il n’est pas question de brader un seul diplôme, de faire des semestres blancs, ou encore de mettre la moyenne à tout le monde.»

Des examens en ligne envisagés

L'option de la tenue d'examens sur Internet, comme cela va avoir lieu dans l'université de Montpellier, est d'ailleurs totalement envisageable pour la ministre

«S’ils (les présidents d'universités, ndlr) choisissent, dans certains cas précis, de faire passer des examens sur Internet, je n’y vois pas d’inconvénient», a-t-elle indiqué.

Concernant la mesure de l'accès à l'université qui cristallise les débats, Frédérique Vidal a tenu à revenir sur certains points, en dénonçant la «désinformation» entourant la réforme. 

Ni sélection, ni tri

Elle a nié notamment la sélection à l'entrée de la faculté que certains l'accusent de mettre en place avec la loi ORE et la nouvelle plate-forme Parcoursup.

«Contrairement à ce que j’entends dire, ce n’est pas la réforme de la sélection, a-t-elle martelé. C’est une réforme d’ouverture, qui fait en sorte que tous les lycéens titulaires du baccalauréat aient accès à l’enseignement supérieur sans être tirés au sort dans le choix de leurs études, et, ensuite, qu’ils soient accompagnés afin d’obtenir leur diplôme.»

Quant aux enseignants chercheurs qui ont choisi de boycotter le nouveau système d'admission en refusant de procéder au «tri» des futurs étudiants, ils ont été gentiment rappelés à l'ordre par la ministre :   

«Il me semble important de leur rappeler qu’on ne leur demande pas d’examiner les dossiers par obligation administrative, mais au bénéfice des étudiants pour pouvoir les accompagner de la façon la plus personnalisée possible.»

Des places supplémentaires ? 

Elle a ensuite rappelé que l'objectif de cet «accompagnement» était de réduire le taux d'échec en première année de licence qui atteint aujourd'hui 60%. 

Enfin, concernant le nombre de places manquantes notamment dans les filières dites «en tension», la ministre a laissé la porte ouverte à l'allocation de nouveaux moyens et donc à la création de nouvelles places, sans préciser d'ordre de grandeur. 

«19.000 places supplémentaires sont d’ores et déjà ouvertes dans les filières les plus attractives», a rappelé Frédérique Vidal avant de préciser, optimiste : «le Gouvernement a encore de la marge pour ouvrir d’autres places, dès lors que l’on connaitra mieux les filières les plus attractives de la rentrée 2018». 

Il s'agit d'un enjeu majeur puisque la pénurie de places dans certaines filières universitaires pourrait entraîner le refus de certains étudiants par des universités. Dans ces conditions, les accusations de «tri» ou de sélection à l'entrée, avancées par certains professeurs ou syndicats étudiants, prendraient tout leur sens.

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