SNCF : le dialogue reste à quai

Les cheminots abordent aujourd’hui le quatrième jour de leur grève intermittente.[BERTRAND LANGLOIS / AFP]

L’exécutif comme les syndi­­­cats refusent de céder sur le fond de la réforme. Ils devront toutefois faire des concessions.

Tout le monde sur les rails. Les cheminots abordent aujourd’hui le quatrième jour de leur grève intermittente contre la réforme de la SNCF. Le mouvement, moins suivi hier (35 %, selon la société ferroviaire), devrait connaître un regain de participation aujourd’hui (43 %), avec un TGV sur cinq, un Transilien et un TER sur trois et un Intercités sur six. Si les cgrévistes se veulent inflexibles, en face, le gouvernement, est tout aussi intransigeant et défend ses mesures avec vigueur.

Un duel au sommet

Pour faire passer son message, l’Etat ne ménage pas ses efforts. Edouard Philippe dans Le Parisien, Elisabeth Borne dans Sud Ouest, Nicolas Hulot et Sébastien Lecornu dans le JDD... Hier, quatre membres du gouvernement étaient sur le pont pour défendre la réforme. Avec un mot d’ordre : la fermeté. Des interventions sans compromis qui préparent celle d’Emmanuel Macron, qui doit s’exprimer, jeudi prochain, dans le JT de 13h de TF1, à la veille d’un nouveau jour de grève des cheminots. «Il y a urgence, il faut avancer et tout le monde doit savoir notre détermination à aller au bout», a affirmé le Premier ministre. De son côté, la ministre des Transports a estimé que «l’on défend mieux l’intérêt des cheminots en passant des heures à discuter» qu’avec une grève «qui pénalise les usagers».

La réponse ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, publié hier sur son site, la CGT-Cheminots appelle à ne pas se laisser «prendre au piège» et à «l’amplification de l’action». L’organisation critique aussi les manœuvres de l’Etat pour «laisser croire à un amoindrissement de la mobilisation». Des menaces laissent même penser que la grève pourrait ne pas s’arrêter en juin. Quoi qu’il en soit,  après les dernières concertations de vendredi, de nombreux dossiers cristallisent toujours le conflit. Parmi eux, la transformation de l’entreprise, la fin de l’embauche au statut cheminot, l’ouverture à la concurrence, et la dette de l’entreprise.

Des concessions attendues

Reste à savoir qui va craquer en premier. Les syndicats n’ont, pour l’instant, pas le soutien populaire qu’ils espèrent, un élément pourtant crucial. Un sondage publié hier dans le JDD dévoile ainsi qu’une large majorité de Français (62 %) souhaite que le gouvernement aille jusqu’au bout de la réforme de la SNCF. 

De son côté, l’Etat va devoir affronter un enchaînement des mobilisations. Demain et mercredi les pilotes d’Air France prennent le relais, possiblement suivis par les étudiants, qui ont bloqué de nombreuses universités la semaine dernière.Les fonctionnaires pourraient également entrer dans la danse : ils se réunissent demain pour décider de la suite à donner à leur grève du 22 mars. La guerre (des nerfs) est loin d’être finie. 

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