La classe politique française réagit aux frappes en Syrie

Tout au long de la journée, de nombreux responsables politiques français ont réagi aux frappes aériennes contre des installations du régime de Bachar al-Assad en Syrie par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni.

Christophe Castaner, délégué général de La République en marche :

«Pas d'utilisation d'armes chimiques contre les civils : c'était la ligne rouge. Le régime d'El-Assad l'a franchie. La France ne pouvait se tenir aveugle et muette face à cette barbarie. Les frappes en Syrie menées cette nuit sont nécessaires et salvatrices pour le peuple syrien».

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat :

«Ajouter la guerre à la guerre n'a jamais fait avancer la paix. Cette démonstration de force ponctuelle risque d'alimenter le terrorisme. Elle nourrit l'idée que l'Occident est hostile au monde arabe. Ces frappes affaiblissent notre diplomatie. La voix de la France n'est forte que si elle est singulière, elle n'est utile que si elle privilégie le dialogue. Emmanuel Macron aligne la diplomatie de la France sur celle de Donald Trump ; c'est une erreur et les leçons du passé et de nos échecs au Moyen Orient semblent déjà oubliés».

Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France :

«Réponse juste de la France et de ses alliés à l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien. Saluons l'engagement et le professionnalisme de nos forces armées».

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI :

«C'est l'honneur de la France d'être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d'avoir pris l'initiative, au côté des démocraties américaine et britannique, d'exercer des frappes aériennes ciblées sur l'arsenal chimique syrien. Nos compatriotes doivent comprendre que l'objectif prioritaire de la France en Syrie qui demeure l'éradication définitive de Daesh ne s'oppose pas à notre devoir international de protéger les populations civiles».

Olivier Faure, premier secrétaire du PS :  

«Les attaques chimiques répétées du régime de Damas contre son peuple imposaient une réaction. Le silence des nations ouvrirait une jurisprudence criminelle donnant dans les faits la possibilité de violer les conventions internationales sur l'utilisation d'armes chimiques. (...) Il est urgent que s'ouvrent de nouvelles discussions dans le cadre des Nations Unies. Il n'est pas de solution à terme sans que soient posées les conditions d'une transition négociée».

Florian Philippot, président des Patriotes :

«Cette action irresponsable du Président Macron, qui réduit notre pays au rôle de supplétif des Américains, doit être condamnée, tant elle menace la paix mondiale et joue, de manière évidente, contre nos intérêts. (...) Les Français, bien plus sages et instruits que leurs dirigeants, doivent s'élever contre cette entreprise belliqueuse du Président Macron, qui est de plus en plus à Donald Trump ce que Tony Blair était à Georges W. Bush».

Alain Juppé, maire de Bordeaux :

«Ne rien faire en Syrie, c'était signer l'arrêt de notre impuissance et de notre indignité face aux agissements monstrueux d'un régime criminel. (...) Laisser faire, c'était décrédibiliser durablement des traités qui protègent aussi nos peuples. Agir, c'est évidemment prendre des risques. Des risques élevés. A commencer par le risque d'une escalade militaires entre les grandes puissances. (...) La France, forte de l'indépendance de sa diplomatie, a une responsabilité particulière pour conjurer ce risque. A quelques conditions, selon moi.

D'abord, la nation doit faire bloc autour de ses dirigeants et de son armée qui sont engagés dans une entreprise périlleuse. (...) Ensuite, garder le contact avec la Russie, et même renforcer le dialogue avec ses chefs. (...) Et puis travailler à la solution politique, qui seule permettra de sortir la région du chaos actuel. (...) Pour cela, il faut impliquer à nouveau les Nations unies au sein desquelles l'Europe et spécialement la France ont un rôle crucial à jouer».

Benoît Hamon, fondateur de Génération-s :

«Emmanuel Macron avait posé une ligne rouge qui a engagé notre pays, il est primordial qu'elle soit respectée. Le vrai problème c'est que la logique de lignes rouges ne constitue pas une politique internationale, qu'elle en révèle même l'absence. Pire encore : elle balise à son destinataire tout l'espace des crimes qu'il peut commettre sans crainte, et indique les limites que ce dernier va tester inévitablement. (...) Nous rappelons qu'un mandat onusien serait nécessaire, ne pas le redire serait oublier cette légitimité internationale et c'est bien la responsabilité de la Russie, qui utilise son droit de veto pour défendre Assad, que de contraindre à des actions unilatérales».

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise :

«Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français. Et cela sans aucune perspective politique en Syrie». «C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable. La France mérite mieux que ce rôle. Elle doit être la force de l’ordre international et de la paix».

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