Première mondiale : un homme reçoit une seconde greffe du visage à Paris

Le patient, atteint de neurofibromatose, une maladie génétique, a reçu une seconde greffe de visage, le 15 janvier [AFP PHOTO / Hopital Europeen Georges-Pompidou AP-HP]

L'exploit a eu lieu en janvier dernier mais il n'a été rendu public que ce mardi. Le 15 janvier 2018, Jérôme Hamon, âgé de 43 ans, est ressorti d'une opération de 22 heures avec un nouveau visage.

Mais ce n'est pas la première greffe que reçoit ce patient atteint de neurofibromatose, une maladie génétique qui peut parfois entraîner une déformation sévère du visage comme dans son cas. 

En 2010, l'homme a reçu un premier greffon de visage avec lequel il vit pendant quatre années sans qu'aucun problème ne se déclare. En 2015 pourtant, son organisme fait un rejet de la greffe. Le visage se nécrose et doit donc lui être enlevé en novembre 2017.

Le professeur Laurent Lantieri, directeur du service de chirurgie reconstructrice à l'hôpital européen Georges Pompidou, décide donc de mener une seconde greffe de visage sur le patient, une première mondiale.

Il s'agit d'une opération très compliquée et délicate en raison des sequelles laissées par le premier rejet de greffe sur les tissus de Jérôme Hamon.

Une prouesse médicale

«D'un point de vue médical, il s'agit également d'une prouesse, car Jérôme, en rejetant le premier greffon, a développé énormément d'anticorps, précise France Inter. Il a donc fallu lui faire une pharmaphérèse, lui retirer le plasma pour enlever ces anticorps et éviter qu'il ne rejette le deuxième greffon.»

Après avoir affronté plusieurs mois de soins intensifs pendant lesquels il devait survivre sans visage en attendant qu'on lui trouve un donneur, Jérôme Hamon est envoyé au bloc le 14 janvier.  Depuis, il est encore hospitalisé à Georges Pompidou où il tente d'apprivoiser ses nouveaux traits et expressions qui appartenaient avant lui à un jeune homme de 22 ans. 

D'après France Inter, Jérôme Hamon «sortira sans doute bientôt de l'hôpital, mais sa diction et la mobilité de son visage restent difficiles». 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles