Une année au pas de charge

Il y a pratiquement un an jour pour jour, Emmanuel Macron faisait exploser les lignes en faisant son entrée à l’Elysée par «effraction», selon son propre terme. Il y a pratiquement un an jour pour jour, Emmanuel Macron faisait exploser les lignes en faisant son entrée à l’Elysée par «effraction», selon son propre terme. [© ETIENNE LAURENT / POOL / AFP]

Arrivé en tête au soir du 7 mai dernier, l’ex-candidat a multiplié les initiatives ambitieuses, au risque de déplaire.

L’heure des comptes approche. Il y a pratiquement un an jour pour jour, Emmanuel Macron faisait exploser les lignes en battant aisément Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Faisant ainsi son entrée à l’Elysée, par «effraction», selon son propre terme.

Encore peu connu, mais apprécié du grand public, il devenait à 39 ans le plus jeune président de l’histoire de la République, promettant une «révolution» dépassant le clivage gauche-droite. Depuis, conforté par le succès de son mouvement LREM aux législatives, un mois plus tard, et profitant d’un contexte favorable – opposition en berne, syndicats désunis, prévision de croissance en hausse –, le chef de l’Etat s’applique à mettre en œuvre son «projet» de transformation du pays.

Un exécutif à plein régime

«Je fais ce que j’ai dit, on n’était peut-être pas habitués», a répété Emmanuel Macron mi-avril. Depuis juin 2017, en effet, les projets de réformes s’enchaînent : grand chambardement du Code du travail, nouvelle législation anti-terroriste, cocktail fiscal pro-entreprises, mutations dans l’éducation et dans les hôpitaux… Sans compter la révision de la SNCF, fustigée par les cheminots, et la loi asile-immigration, qui suscite des débats houleux à l’Assemblée.

Novice en matière de politique étrangère, le chef de l’Etat s’est aussi attelé à renouveler l’image du pays à l’international. En témoignent sa relation privilégiée avec Donald Trump ou son offensive contre le régime syrien. «La diplomatie est devenue un gros point fort de Macron. Si bien qu’il apparaît comme le nouveau leader de l’UE, au détriment de l’Allemagne», relève Frédéric Dabi, directeur général adjoint à l'Ifop.

C’est donc à grands pas que le président avance, avec une méthode qui consiste à organiser systématiquement, en amont, des consultations avec les partenaires sociaux, afin de limiter la bronca. «Bien qu’il ait toujours le dernier mot, l’exécutif est dans une logique de discussion», d’après Rémi Bourguignon, chercheur associé au Cevipof.

La population dans l’attente

Malgré tout, la stratégie a des limites. Selon un récent sondage Ipsos, deux Français sur trois (64 %) se disent «déçus» de cette première année, émaillée de quelques polémiques (affaire Ferrand, baisse des APL…) et d’écarts de langage («fainéants», «gens qui ne sont rien»…).

«Il va devoir se défaire de cette étiquette de président des riches et des villes s’il veut remonter dans l’opinion», estime Frédéric Dabi.

D’autant que la rue, elle, est plus que jamais investie contre l’exécutif. Si la convergence des luttes ne semble pas à l’ordre du jour, la mobilisation continue. Et ce, dès ce samedi, avec une manifestation à Paris pour faire «la fête à Macron», selon les organisateurs.

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