Un an de Macron : les promesses tenues, les promesses à tenir

Quelles promesses d'Emmanuel Macron ont été mises en œuvre jusqu'ici ? Quelles promesses d'Emmanuel Macron ont été mises en œuvre jusqu'ici ? [© LUDOVIC MARIN / POOL / AFP]

Ce 7 mai, cela fait un an jour pour jour qu'Emmanuel Macron a été élu à la tête de la République française. Le site «Lui président» a passé au crible les 398 promesses de campagne du chef de l'Etat, qui se targue de «faire ce qu'il a dit». Quel bilan de ses douze mois passés à l'Elysée ?

Economie et fiscalité

C'est probablement le secteur où l'exécutif a le plus planché. Pas moins de treize promesses ont déjà vu le jour, à commencer par la limite de l'ISF au patrimoine immobilier, l'encadrement des indemnités prud'homales, la prévalence des accords d'entreprise sur ceux de branche, la suppression du RSI, la fusion en une instance unique des représentants du personnel dans les entreprises... Autant de mesures qui ont été inscrites dans la réforme du code du travail adoptée à l'automne.

Cela dit, beaucoup reste à faire, notamment sur le long terme : réduire le chômage à 7 %, réaliser 60 milliards d'euros d'économies sur le quinquennat, supprimer 120.000 postes dans la fonction publique, instaurer un droit à l'erreur auprès de l'administration, ou encore rétablir l'exonération des heures supplémentaires.

Europe et international

Parmi les promesses en matière européenne, seule la redéfinition des règles du détachement des travailleurs a été jusqu'ici tenue. Comme fixé le 23 octobre 2017 par les ministres européens, le système prévoit désormais un salaire égal pour un travail égal pour tous les salaires détachés, et que toutes les règles aux travailleurs locaux s'appliquent également aux travailleurs détachés.

En revanche, la proposition d'élire, dès 2019, 73 eurodéputés choisis sur des listes transnationales (pour compenser les sièges manquants des députés britanniques après le Brexit) a été rejetée par un vote du Parlement européen en février 2018.

Quant aux promesses qui sont encore à mettre en œuvre, elles sont légion : négocier un accord commercial entre l'Europe et la Chine, renforcer les mesures anti-dumping, harmoniser les règles sociales européennes, doter la zone euro d'un budget et d'un Parlement spécifiques, viser 0,7 % du PNB en aide au développement...

Education, recherche, sports

Des engagements de campagne sont d'ores et déjà tenus, comme laisser le choix aux collectivités de conserver ou non les rythmes scolaires, rétablir les études dirigées après la classe, ou encore rétablir les parcours bilangues.

Et beaucoup sont en voie d'être respectés, selon le gouvernement : établir des pré-requis dans chaque formation universitaire, simplifier la formation aux métiers du sports, créer des places en crèches, former un million de jeunes et un million de chômeurs, interdire les téléphones portables au primaire et au collège, recruter 4.000 à 5.000 enseignants dans les zones prioritaires... – pour ne citer qu'eux.

Environnement et énergie

Sur le front écologique, deux promesses sont dans les tuyaux : aligner la fiscalité du diesel avec celle de l'essence et maintenir l'interdiction des gaz de schiste. Certains engagements ont en revanche été abandonnés : respecter le vote en faveur de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou encore parvenir à l'objectif de 50 % d'énergie nucléaire d'ici à 2025.

D'autres, enfin, ne sont pas encore tenus, mais ont vocation à l'être d'ici à la fin du quinquennat : mieux lutter contre le gaspillage alimentaire, négocier un Pacte universel, diviser par deux le nombre de jours de pollution atmosphérique, doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque, fermer la centrale de Fessenheim, lutter contre l'obsolescence programmée...

Institutions et vie politique

Suppression de la réserve parlementaire, composition d'un gouvernement paritaire, interdiction pour les élus et ministres d'embaucher leur famille, suppression du régime spécial de retraite des députés : ces quatre promesses de campagne ont été respectées dans les premiers mois du quinquennat.

En revanche, il ne sera finalement pas question de créer un statut de première dame de France, d'instaurer un ministère plein et entier des Droits des femmes, ou d'empêcher les personnes ayant un casier judiciaire de se présenter à une élection.

Reste à mettre en place la généralisation du vote électronique d'ici à 2022, la limite du cumul des mandats dans le temps, la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, l'accélération de la procédure parlementaire, ou encore l'instauration d'une dose de proportionnelle. Des mesures notamment prévues par la future réforme des institutions.

Police, justice, armée

Au-delà de l'inscription du régime de l'état d'urgence dans le droit commun, via la nouvelle loi anti-terroriste adoptée à l'automne, la seule promesse tenue en la matière est la création d'un état-major permanent des opérations de sécurité intérieure, de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Exit, en revanche, la réforme de la carte des cours d'appel.

Mais moults engagements présidentiels sont encore à respecter – ou le seront bientôt. Comme appliquer en prison le code du travail, contraventionnaliser certaines infractions (telles que la consommation de cannabis), créer des centres fermés de petite tailles pour les radicalisés, ou encore réformer l'aide juridictionnelle.

Laïcité, famille, discriminations, immigration

Dans ces domaines, toutes les promesses d'Emmanuel Macron sont encore à mettre en œuvre – de l'enseignement du fait religieux à l'école au congé maternité unique pour toutes les femmes, en passant par la reconnaissance des enfants issus de GPA à l'étranger et la parité obligatoire aux élections. En ce qui concerne l'immigration, nombre de mesures – comme la réduction à six mois du délai d'examen des demandes d'asile – seront fixées par le projet de loi Asile et Immigration actuellement discuté à l'Assemblée.

Santé et bioéthique

Même son de cloche sur le front de la santé et de la bioéthique, où de nombreuses promesses ne sont pas encore tenues : maintenir et appliquer la loi Leonetti sur la fin de vie, doubler le nombre de maisons de santé contre les déserts médicaux, augmenter le numeros clausus des médecins, encourager la télémédecine, développer les soins à domicile, rembourser 100 % des lunettes et prothèses auditives, faciliter les conditions de vie des personnes handicapées...

Logement et transports

Pour l'heure, un unique engagement de campagne a été rempli : doter le plan de rénovation urbaine d'un budget de 10 milliards d'euros, contre 6 jusqu'alors.

Les autres promesses attendent d'être actées. Au sommaire : rénover un million de logements mal isolés, construire 80.000 logements pour les jeunes dont 30.000 logements sociaux, créer un bail «mobilité professionnelle», moduler les péages en fonction de l'occupation des véhicules... Quant à la promesse qu'il n'y ait plus «personne dans les rues» d'ici à fin 2017, elle a été, de fait, impossible à tenir.

Agriculture et ruralité

Promesse tenue : l'organisation des états généraux de l'alimentation, qui ont regroupé jusqu'à fin novembre tous les acteurs de la filière agricole française pour trouver des solutions à la crise du secteur, et qui ont abouti à une série de mesures. 

Mais Emmanuel Macron sera attendu au tournant sur d'autres engagements, lui qui avait aussi promis d'encourager les projets de méthanisation, faire un prêt de 50.000 aux jeunes agriculteurs, éliminer progressivement les pesticides, soutenir l'agrotourisme, ou encore parvenir à 50 % de produits bio dans les cantines d'ici à 2022.

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