L’Etat envisage des «taxis amateurs» dans les zones rurales

Il s'agirait d'autoriser des particuliers, moyennant une contrepartie financière, à transporter des clients[THOMAS SAMSON / AFP]

Ebauchée lors des assises de la mobilité, la proposition de développer un service de «taxis amateurs» dans les zones rurales, serait sérieusement envisagée par le gouvernement, selon les Echos.

En décembre dernier, le soutien au covoiturage et le développement d'activité de ces «taxis amateurs» étaient des thématiques qui avaient déjà été abordées par la ministre des Transports Elisabeth Borne, afin de pallier aux difficultés rencontrées par les habitants dans les territoires isolés.

Cette nouvelle mesure aurait récemment fait l'objet d'une présentation dans le cadre d'une réunion au ministère des Transports, et son principal objectif serait de «donner la possibilité aux collectivités territoriales [...] d'autoriser le transport de personnes effectué à titre onéreux par des conducteurs non professionnels», précisent nos confrères des Echos, qui ont pu consulter le-dit document. Dans le détail, il s'agirait d'autoriser des particuliers, moyennant une contrepartie financière, à transporter des clients.

Une décision qui semble satisfaire Vanik Berbérian, le président de l’association des maires ruraux de France (AMRF) : «Je pense qu'il n'y a pas de solution type, parce que chaque territoire est différent, et les réponses qui doivent être données doivent s'adapter aux besoins du contexte. Donc pourquoi pas, on peut essayer. [...] Il y a vraiment un besoin mais surtout il faut que les choses soient souples», a-t-il jugé, lors d'une interview donnée sur Franceinfo.

Plusieurs conditions à remplir

Bien sûr, le gouvernement a l'intention d'encadrer de manière cette pratique : les potentiels chauffeurs ne seront autorisés à conduire qu'à la condition d'obtenir auprès de leur commune une autorisation individuelle, elle-même soumise à la présentation d'un casier judiciaire vierge. 

Quid des tarifs ? Le gouvernement n'a pas encore tranché, mais à en croire le quotidien, un plafond annuel devrait être fixé par décret et les courses seraient possiblement subventionnées par les communes. D'autre part, les zones où ces taxis amateurs seraient emmenés à circuler seront délimitées avec précision : les chauffeurs devront se concentrer uniquement sur les territoires ruraux où la voiture représente le seul mode de déplacement, en raison d'un réseau de transport en commun insuffisant, voire même absent. 

Mais ces restrictions sont loin de faire l'unanimité. «On ne s'improvise pas taxi. C'est un métier à part entière, qui demande une formation et des qualifications», déplore Didier Hogrel, président de la Fédération nationale du Taxi (FNDT), interrogé par Le Figaro.

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