Beltrame, Gassama, Bathily... ces 11 héros du quotidien qui ont marqué les esprits

Les trois Américains qui voyageaient à bord du Thalys ont reçu la Légion d'honneur. [KENZO TRIBOUILLARD / AFP]

Arnaud Beltrame, Mamoudou Gassama, Lassana Bathily... ces anonymes ont tous à leur manière marqué les esprits par leur courage et leur abnégation. Retour sur leurs actes de bravoure, qui ont fait la une de l'actulalité. 

9 JANVIER 2015 À L'HYPERCACHER : LASSANA BATHILY

Employé d'origine malienne et de confession musulmane du magasin HyperCacher, Lassana Bathily se retranche dans la chambre froide avec dix-sept autres otages pendant l'attaque, les sauvant d'une mort certaine. Tous parviennent à s'échapper par la sortie de secours, et le manutentionnaire livre des informations cruciales aux policiers, afin que ces derniers puissent libérer les otages. 

Malgré le succès médiatique que rencontrera Lassana Bathily, le jeune homme n'a eu de cesse de minimiser son rôle, allant jusqu'à écrire un livre intitulé «Je ne suis pas un héros». Il n'a pas été décoré de la Légion d'honneur, mais a été naturalisé en 2015. 

21 AOÛT 2015 : LES HÉROS DU THALYS

17h50, gare de Bruxelles-Midi. Ayoub El Khazzani, 26 ans, pénètre dans le train en direction de Paris armé d'un fusil d'assaut Kalachnikov, d'un pistolet Luger 9mm et d'un cutter. Lors de sa traversée du train, il fera face à plusieurs hommes courageux. 

Le premier fut Damien, un Français de 28 ans qui a souhaité garder l'anonymat. Il fut le premier passager à se jeter sur l'assaillant. Le terroriste croise ensuite le chemin de Mark Moogalian, un enseignant franco-américain de 51 ans qui voyageait avec sa femme. Voyant Damien et le terroriste se débattre, il parvient à arracher la kalachnikov des mains de ce dernier. Il fut grièvement blessé par balle dans l'altercation mais sera secouru par Spencer Stone. 

Les trois Américains Spencer Stone, Alek Scarlatos et Anthony Sadler ont également entravé Ayoub El Khazzani. Ces trois amis d'enfance, originaire de Californie, voyageait à travers l'Europe pendant dix jours. Les deux premiers, Spencer Stone et Alek Scarlatos, étaient engagés dans l'armée américaine et la garde nationale de l'Oregon. Spencer Stone, 23 ans à l'époque, fut le premier à bondir sur l'assaillant, tandis qu'Alek Scarlatos, 22 ans, est parvenu à lui arracher son arme des mains. 

Les cinq hommes ont été décorés de la Légion l'honneur. Les trois compères américains ont également été reçus par l'ancien président des Etats-Unis Barack Obama et ont interprété leur propre rôle dans «15h17 pour Paris», un film réalisé par Clint Eastwood. 

13 novembre 2015 au Bataclan : Didi, l'agent de sécurité héroïque

Lorsqu'un commando terroriste attaque le Bataclan le 13 novembre 2015, Didi, chef de la sécurité du Bataclan, fait face, remplissant sa mission au péril de sa vie. Selon ses propres calculs, cet Algérien de 35 ans aurait sauvé près de 200 personnes. Alors qu'il se trouvait à l'extérieur et aurait pu prendre la fuite, il est retourné dans la salle de concert. Alors que les terroristes viennent d'ouvrir le feu, et que tout le monde est allongé par terre, il attend que les assaillants rechargent leurs armes pour donne le signal de la fuite. Ce qui a permis à des dizaines de spectateurs de s'échapper. « Avec du recul, je me dis que c'était complètement dingue. Mais je connaissais la salle par cœur. J'ai fait ce que je devais faire ». 

13 novembre 2015 au Bataclan : le commissaire anonyme

21h40 au Théâtre du Bataclan, le concert des Eagles Of Death Metal bat son plein quand un groupe de trois terroristes s'en prend aux spectateurs. La tuerie fera 90 morts et une dizaine de blessés. 

Lorsque l'alerte est donnée, un commissaire de la Brigade anti-criminalité (BAC) en permanence ce soir-là, décide d'intervenir avec son chauffeur policier, et ce sans attendre l'arrivée des renforts. 

Les deux hommes furent les premiers à entrer dans la salle de spectacle. L'un des kamikazes en ligne de mire, ils parviennent à l'abattre à vingt mètres de distance, épargnant des dizaines de spectateurs. 

Malgré les nombreuses demandes, le commissaire n'a jamais dévoilé son identité. 

13 novembre 2015 au Stade de France : l'agent de sécurité Salim Toorabally

Quelques minutes après le coup d'envoi du match de football amical qui opposait la France et l'Allemagne, Bilal Hadfi, l'un des trois kamikazes du Stade de France, se présente à la porte d'entrée. 

Il y rencontre Salim Toorabally, un agent de sécurité. Le terroriste âgé de 20 ans lui explique alors que c'est son ami, déjà à l'intérieur du stade, qui détient son billet. Mais Salim Toorabally, 45 ans, lui refuse l'accès et prévient ses collègues. Bilal Hadfi se fera exploser quelques minutes plus tard, aux abords du stade. 

14 JUILLET 2016 À NICE : LE MOTARD, LE CYCLISTE ET LE LIVREUR

Comme chaque année, fête nationale oblige, les Niçois s'étaient rassemblés sur la mythique promenade des Anglais pour admirer le feux d'artifice. Mais Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a précipité son camion poids lourd sur la foule, faisant 86 morts et 468 blessés.

Franck, surnommé «le motard de Nice», était l'un de ceux qui ont tenté d'arrêter le terroriste. Il était sur son scooter avec son épouse quand le camion a foncé sur la foule. Il a alors déposé sa femme avant de se lancer à la poursuite du véhicule-bélier. «Quand j'étais à son niveau, je me suis posé la question : qu'est-ce que tu vas faire avec ton pauvre scooter ?», avait-il expliqué à Nice Matin. Commence alors une scène digne d'un film d'action. 

«Je l'ai jeté contre le camion. J'ai continué à courir après lui. Je me souviens être tombé puis reparti à toutes jambes. Et finalement, je suis arrivé à m'accrocher à la cabine». Finalement, le quinquagénaire arrive à atteindre le terroriste, et le roue de coups avant d'être assommé d'un coup de crosse. 

Un autre homme au guidon d'un deux-roues, Alexandre Migues, a essayé d'arrêter la course folle du camion. «J'ai vu une personne se faire écraser, j'ai jeté mon vélo et j'ai commencé à courir après le camion», avait-il raconté à BFMTV. Il a essayé d'ouvrir la portière du camion, en vain. Avec Gwenaël, un livreur de 26 ans, ils ont poursuivi le camion armés d'un couteau. 

Ces trois hommes ont reçu la Légion d'honneur le 14 juillet 2017, un an après l'attentat

Samedi 26 mai 2018 : Mamoudou Gassama sauve un enfant

« Par chance, il y avait quelqu'un qui avait une bonne condition physique et qui a eu le courage d'aller chercher l'enfant », ont déclaré les pompiers dimanche, après que l'enfant sauvé par Mamoudou Gassama ait été placé en sécurité. 

Alors qu'il se trouvait dans le 18e arrondissement de Paris, rue Max Dormoy, Mamoudou Gassama a aperçu un enfant suspendu au balcon du quatrième étage. Le jeune homme n'a pas hésité et a escaladé l'immeuble, parvenant en à peine une trentaine de secondes a se hisser jusqu'à la hauteur de l'enfant, âgé de 4 ans, qu'il a pu ramener sur le balcon.

« Je suis sorti, j’ai couru pour regarder les solutions pour le sauver. J’ai réussi à attraper le balcon, je suis monté comme ça et Dieu merci, je l’ai sauvé. », a expliqué Mamoudou Gassama.

Dans la foulée, la maire de Paris Anne Hidalgo a posté un message sur Twitter pour souligner «son acte de bravoure», indiquant que Mamadou Gassama lui avait indiqué être arrivé du Mali il y a quelques mois, et que la Ville de Paris aura «à coeur de le soutenir dans ses démarches pour s'établir en France ». 

Dans la foulée, on apprenait que Mamoudou Gasama est sans-papiers. Sur les réseaux sociaux, les appels se sont mulitpliés afin qu'il soit naturalisé en récompense de son geste héroïque.

Le jeune homme a été reçu lundi 28 mai à l'Elysée par Emmanuel Macron.

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