Paris : l'avenir incertain des migrants évacués du camp du Millénaire

C’était la 35e évacution en l’espace de trois ans. Plus d’un millier de migrants, qui vivient au camp du Millénaire, le long du canal Saint-Denis (19e), ont été mis à l’abri mercredi matin, après des semaines de bras de fer entre l’Etat et la ville.

Au total, 1.016 personnes – dont 11 mineurs – ont été évacuées vers 24 structures d’accueil temporaires, réparties sur l'ensemble de Ile-de-France.

Pour ceux-là, leur «situation administrative» doit être examinée, a indiqué Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur. Ce dernier n’a cependant pas précisé dans quelles conditions, ni ce qu'il adviendra d'eux après cet examen.

Notamment pour les « Dublinés » (30 à 50 % du camp du Millénaire), qui ont déjà déposé une demande d'asile ailleurs et qui risquent donc d'être renvoyés, et en ce qui concerne la prise en charge pérenne de ceux qui n’auront pas été expulsés, qui devront être accueillis en CADA ou CAO. 

Mais environ 600 migrants seraient partis avant l'arrivée des forces, effrayés d'être renvoyés selon les associations, ou ne souhaitant pas résider dans un gymnase, sans intimité. «Pour eux, la prise en charge par l’Etat peut leur sembler piégeux, parce que cela peut être synonyme du renvoi dans le pays d’origine, ou dans le pays de demande d’asile», souligne Louis Barda, le coordinateur du programme migrants pour Médecins du monde

Présente sur les lieux, Anne Hidalgo a – quant à elle – fait savoir qu’elle souhaitait la reconstruction d'un centre de premier accueil, mais cette fois géré par l'Etat, afin de prendre en charge les 60 et 80 migrants qui arrivent toujours à Paris chaque jour. «Unique solution», selon elle, pour éviter la reconstitution de campements.

Par ailleurs, les autorités ont annoncé que les deux autres camps de la capitale, situés le long du canal Saint-Martin dans le 10e et porte de la Chapelle dans le 18e, seraient également évacués «dans les plus brefs délais».

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