13 novembre : des familles de victimes dénoncent l'inaction de huit soldats et portent plainte

Pour le frère d'une victime de l'attentat du Bataclan, le nombre de morts n'aurait pas été aussi élevé si les soldats Sentinelle étaient intervenus. [PHILIPPE LOPEZ / AFP]

17 victimes ou familles de victimes estiment que si les soldats de l'opération Sentinelle, présents sur place près du Bataclan, avaient pu agir, le bilan aurait été moins lourd.

Ce collectif va donc déposer une plainte, ce vendredi, par l'intermédiaire de ses trois avocats auprès du procureur de la République, «contre X pour non assistance à personne en péril en l'absence d'intervention des militaires lors des attentats perpétrés au Bataclan», qui ont fait 90 morts ce soir du 13 novembre 2015.

Des militaires «empêchés» d'intervenir

Equipés d'armes de guerre, ces militaires n'ont pas pu, sur décision de leur hiérarchie, aider les policiers de la BAC et le commissaire de police, qui n’a pas hésité à rentrer dans la salle de concert et a tué l’un des terroristes. Ces policiers, sous-équipés, qui se faisaient tirer dessus par les terroristes armés de kalachnikov, ont demandé aux soldats de leur prêter leur Famas (des fusils d'assaut français).

Mais ces derniers, toujours en application du règlement, ont refusé de donner leur arme aux policiers, alors qu'une prise d'otages était toujours en cours dans l'un des couloirs du bâtiment.

Le frère d'une victime en colère

L'un des avocats des victimes avait déjà tenté, en 2016, un recours devant la Cour d’appel, en vain, explique Le Parisien. «Clairement, un ordre a été donné aux soldats Sentinelle de ne pas engager le feu alors qu'ils avaient en ligne de mire des terroristes», explique Georges Fenech, qui présidait une commission d'enquête en 2016. Ce dernier assure ne pas savoir qui avait donné l'ordre de ne pas intervenir. «Avec les autres parlementaires, on était sidérés», ajoute-t-il. 

Mais cette fois, le collectif compte bien obtenir gain de cause.

Sébastien Gomet, l'un des plaignants et frère d'une des victimes, dit avoir été «saisi d'effroi et de colère» en lisant ce fameux rapport de la commission parlementaire. Pour lui, le nombre de victimes n'aurait pas été aussi élevé si les soldats Sentinelle étaient intervenus. «Je voudrais que l’Etat français responsable de l’ampleur du drame le reconnaisse», explique-t-il, se positionnant dans une «démarche de vérité». 

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