Violences conjugales : qu'est-ce-que le téléphone grand danger ?

Une travailleuse sociale à l'Escale, association d'aide aux femmes victimes de violences, le 23 novembre 2011 à Gennevilliers [Alexander Klein / AFP/Archives]

En expérimentation depuis 2009 dans plusieurs départements, de nouveaux téléphones «grand danger» vont être distribués dès la rentrée sur l'ensemble du territoire à destination des personnes victimes de violences conjugales.

A qui ce téléphone est-il destiné ?

Le téléphone «grand danger» a été créé pour les femmes victimes de violences au sein de leur couple et aux victimes de viols. Le profil de la victime est étudié afin d'évaluer si elle est en grand danger, précise au journal Libération Ernestine Ronai, coordinatrice nationale «violences faites aux femmes» de la Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF).

La femme ne doit plus vivre avec son compagnon ou ex-compagnon et ce dernier doit être sous le coup d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime et avoir un profil dangereux.

Lorsque ces conditions sont réunies, un procureur peut prendrela décision de délivrer ou non ce téléphone.

Comment fonctionne-t-il ?

Le téléphone «grand danger» est similaire à un appareil classique à la différence près qu'il est muni d'une touche permettant de prévenir directement les secours adaptés.

Lorsque l'appel est émis, la victime potentielle est mise en relation avec un professionnel de lutte contre les violences conjugales.

En moins de 10 minutes, les secours peuvent alors intervenir, détaille le site du ministère des Droits des femmes.

Quels sont les résultats ?

Pour le ministère des Droits des femmes, ce «dispositif de téléprotection a prouvé son efficacité».

En Seine-Saint-Denis, 158 femmes ont bénéficié de ce téléphone. Son utilisation a permis 100 interventions et 10 interpellations d’agresseurs. Soit autant d'agression possible.

Christiane Taubira, ministre de la Justice juge de son coté au micro de France Info que «son efficacité est absolument incontestable».

Pourtant, cette année, plusieurs femmes ont péri sous les coups de leurs ex-compagnons en dépit du fait qu'elles étaient équipées de ce dispositif de secours. C'est notamment le cas d'une femme, assassinée à Marseille en pleine rue. Elle n'avait pas activé le dispositif, contrairement à cette habitante de Schweighouse-sur-Moder (Bas-Rhin), tuée par son ex-mari. Les secours sont arrivés trop tard et n'ont pu que constater son décès. 

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