Attentats du 13 Novembre : un nouveau point sur l'enquête attendu par les victimes

Les juges en charge de l'enquête des attaques de Paris et Saint-Denis reçoivent aujourd'hui les victimes et leurs familles [JOEL SAGET / AFP]

Pour la troisième fois en deux ans et demi d'enquête, les parties civiles des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis sont reçues par les juges d'instructions. Près de 2.000 parties civiles ont été convoquées pour ces rendez-vous attendus, répartis sur trois après-midis, à l'Ecole militaire, à Paris. 

Un rendez-vous, riche en émotion, où les rescapés et leur proches pourront émettre toutes leurs interrogations. Une longue instruction, des indemnités qui tardent à venir, les avancées de l'enquête : les questions devraient être nombreuses.

«C’est pour nous, l’occasion d’avoir une information sur l’avancement de la procédure, explique à Franceinfo Philippe Duperron, président de l'association 13Onze15 Fraternité et Vérité, père d'une des personnes décédées au Bataclan. C’est essentiel pour la reconstruction des victimes que d’essayer de comprendre et d’obtenir le maximum d’informations sur ce qui s’est passé et la manière dont cela s’est passé.»

Les dernières mises en examen, au nombre de onze désormais, devraient d'ailleurs être au centre des échanges entre victimes et juges. En juin, le Belge Yassine Attar et le Suédois Osama Krayem, avaient été remis à la France et mis en examen dans la foulé, à quelques jours d'intervalles.

Cousin des frères El Bakraoui, kamikazes responsables des explosions du métro et de l'aéroport de Bruxelles du 22 mars 2016, le premier est accusé d'avoir participé aux attentats de Paris et Saint-Denis tandis que le second est soupçonné d'être l'artificier du groupe terroriste. 

La relaxe du logueur de Daesh, Jawad Bendaoud, une décision pas totalement comprise par les familles des survivants, et les dernières déclarations du seul survivant du commando jihadiste de Paris, Salah Abdeslam, seront inévitablement au menu des discussions. 

Une trentaine de rescapés et proches de victimes avaient également soulevé la question de la responsabilité de l'Etat dans les attentats de Paris, en formant un recours devant le tribunal administratif, en juin dernier. Elles pointent du doigt des dysfonctionnements, le manque de coopération de services de l'ordre et dénonce la non intervention des militaires de la force Sentinelle postée devant le Bataclan au moment de l'attaque. 

La rencontre risque d'être tendue. Mais peu importe, le premier juge d'instruction, Christophe Teisser, l'avait promis : il tient à informer régulièrement les victimes et leurs familles. Le très apprécié magistrat, est d'ailleurs sur le point de changer d'affectation et doit présenter aux parties civiles son successeur.

Une décision qui rajoute une inquiétude supplémentaire, pour Philippe Dupperon. «Ce que nous souhaitons très sincèrement, rappelle-t-il sur Europe 1, c'est que ce changement de patron de la procédure ne soit pas une cause de retard. Il faut que le procès se tienne le plus vite possible, car nous avons besoin de réponses». 

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