Brétigny : l'accident causé par un problème de maintenance, confirme une nouvelle expertise

En 2013, la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, a fait sept morts et des dizaines de blessés.[MARTIN BUREAU / AFP]

En 2013, la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, a fait sept morts et des dizaines de blessés. Selon une nouvelle expertise métallurgique, elle a été causée par la «vétusté» des rails, et non pas par un défaut imprévisible de l'acier.

En 2016, la SNCF avait obtenu une expertise complémentaire. Le but ? Rechercher un éventuel «défaut de l'acier» d'une pièce d'aiguillage, pouvant expliquer le déraillement du train Paris-Limoges du 12 juillet 2013.

Selon une information du Parisien, le coeur d'aiguillage examiné présente des «microporosités ou porosités, formées lors de la solidification de la pièce» et pouvant être «de nature à favoriser la propagation des fissures voir leur formation». Dans cet extrait d'expertise transmis aux parties, l'expert écrit que les fissures observées sur l'aiguillage et qui a causé le déraillement «proviennent d'un ensemble de désordres sur la TJD (l'aiguillage, ndlr) (manque de pièces, desserages, danses des bois...) qui témoignent d'une certaine vétusté des différents éléments en présence». L'expert présice que «c'est cet ensemble de désordres qui, associé aux sollicitations en service (passage de trains), a provoqué l'amorçage et la propagation des fissures». 

«un défaut d'entretien prolongé»

Pour Xavier-Philippe Gruwez, avocat de plusieurs parties civiles, «cela fait tomber la thèse de la SNCF. L'expertise confirme que c'est la vétusté du réseau qui est à l'origine de l'accident, pas un défaut imprévisible de l'acier». «L'expertise dit que la rupture est due à une usure progressive et ancienne du métal, ce qui implique un défaut d'entretien prolongé», souligne Gérard Chemla, avocat de l'association des victimes de Brétigny. 

Quant à l'avocat de la SNCF, Emmanuel Marsigny, il a refusé de commenter l'extrait. «Il s'agit d'une page, quelques paragraphes, sur un rapport qui en fait plus de 80 et qu'aucune des parties n'a encore reçu», a-t-il expliqué. 

La compagnie ferroviaire et SNCF Réseau sont actuellement mis en examen en tant que personnes morales, tous deux pour homicides et blessures involontaires. Les victimes, elles, réclament la mise en cause de personnes physiques. Trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies au moment du déraillement, sont actuellement placés sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

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