«Spolié» du trône de Monaco, il réclame 351 millions d’euros à la France

Vue aérienne de la Principauté de Monaco.[VALERY HACHE / AFP]

Un aristocrate français, le comte Louis de Causans, accuse l’État français d’avoir intrigué, au début du XXe siècle, pour modifier les règles de succession de la Principauté de Monaco. Il réclame 351 millions d’euros de dédommagement.

Il s’estime ainsi victime d’une «escroquerie», et souhaite aujourd’hui «rétablir la vérité». A ses yeux, c’est «une question d’honneur».

Le comte Louis de Causans s’est confié au journal Le Parisien à propos de cette procédure, unique en son genre en France, qui le voit réclamer une somme considérable à l’État français.

Ainsi, au début du XXe siècle, alors que Louis II, souverain monégasque de l’époque, n’a pas d’enfant, et refuse de se marier. La règle est claire et connue de tous, si Louis II meurt sans enfant, le pouvoir reviendra au second rameau de la famille Grimaldi, à laquelle Louis de Causans est rattaché par sa mère, descendante d’Honoré III de Monaco, qui régna de 1733 à 1793.

Problème, à l’époque, ce «second rameau» est le cousin de Louis II, Guillaume II de Wurtemberg-Urach, un Allemand. «Pour la France, qu’un allemand règne sur Monaco, c’était, à la veille de la Première Guerre mondiale, tout simplement inacceptable», explique Me Jean-Marc Descoubès, l’avocat de Louis de Causans, cité par nos confrères.

Dès lors, des négociations secrètes sont engagées, attestées selon l’avocat du plaignant par plusieurs documents historiques. L’État français force alors, sous la menace d’une annexion, la Principauté à changer ses règles de succession. En 1918, un traité vient établir qu’en «cas de vacance de la couronne, notamment faute d’héritiers directs ou adoptifs, le territoire monégasque formera, sous le protectorat de la France, un État autonome».

«C’est la France qui a causé ce préjudice»

Louis II décide alors d’adopter Charlotte, sa fille naturelle, née d'une aventure avec une hôtesse de cabaret nommée Marie-Juliette Louvet. Une adoption rendue possible par de nouvelles ordonnances, qui facilitent également l’accession au trône de la jeune fille. «Une tricherie», selon le comte Louis de Causans qui assure pourtant n’avoir aucune vue sur le trône monégasque : «Je n’en veux pas au prince Albert, qui ne peut rien à tout ça. C’est la France qui a causé ce préjudice.»

Un préjudice qui pousse donc Louis de Causans et son avocat à réclamer à la France une somme considérable, 351 millions d’euros, mais «à la hauteur du préjudice subi», assure Me Jean-Marc Descoubès. Ainsi, «le PNB de Monaco était de 7,2 milliards en 2008. La famille Grimaldi possède une immense fortune immobilière et des parts dans de nombreuses sociétés. Rien que la liste civile, votée chaque année pour ses dépenses courantes, est de 15 millions», assure l’avocat.

Persuadés de la responsabilité de la France dans cette histoire, ils ont donc lancé une procédure pour «responsabilité sans faute » de l’Etat. Selon les informations de nos confrères, le cabinet de Jean-Yves Le Drian, aux affaires étrangères en a été saisi le 2 juillet dernier. Il a désormais deux mois pour y répondre.

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