La SNCF poursuivie pour discrimination par un voyageur handicapé

Depuis l’enfance, Kevin Fermine ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. [ERIC CABANIS / AFP]

Kevin Fermine, un étudiant handicapé en fauteuil roulant, a porté plainte contre la SNCF pour discrimination des voyageurs handicapés. Le verdict, très attendu, doit être rendu ce jeudi.

Le jeune homme, étudiant en droit de 27 ans, souffre du syndrome de Little, ou diplégie spastique, une forme de paralysie. Depuis l’enfance, il ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. Une situation qui ne l’empêche pas d’être particulièrement actif, et d’aimer voyager.

Pourtant, dans les trains SNCF, les toilettes lui sont bien souvent inaccessibles. Une situation intenable pour le jeune homme qui, fatigué de se retrouver dans des situations jugées humiliantes, a déposé deux plaintes contre la régie de transport.

La première plainte, déposée en 2016, a été classée sans suite. La deuxième, datée de 2017, a récemment été étudiée par la chambre civile du Tribunal de grande instance de Toulouse.

«On est de réels citoyens, avec des droits»

L’occasion pour Kevin Fermine de défendre son cas, qui est aussi celui des 10 millions de personnes souffrant de handicap en France. «On est de réels citoyens, avec des droits», a-t-il ainsi clamé pendant l’audience, cité par nos confrères de Franceinfo.

À l’époque du dépôt de cette plainte, le jeune étudiant avait raconté son calvaire à la presse, expliquant notamment qu’à l’occasion d’un long trajet, il lui était déjà arrivé de s’«uriner dessus» car il n’avait «pas pu aller aux toilettes». Une situation «dégradante» que Kevin Fermine expliquait alors «ne plus supporter».

Son avocat, Me Pascal Nakache, justifie l'action de son client par la loi handicap de 2005 qui stipulait que les lieux et transports publics devaient être accessibles aux personnes handicapées avant le 1er janvier 2015.

La SNCF, elle, s'estime dans son bon droit, mettant en avant la loi de 2015 qui prévoyait un calendrier de mise en conformité sur une période de neuf ans. Intolérable pour Kevin Fermine qui refuse d’«attendre d’avoir 50 ans pour voyager».  

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