Addiction au smartphone : les ados (aussi) sont inquiets pour leurs parents

Pas moins de 72 % des ados déclarent consulter leurs smartphones dès le réveil, un réflexe matinal qu'ont aussi 57 % des parents. Pas moins de 72 % des ados déclarent consulter leurs smartphones dès le réveil, un réflexe matinal qu'ont aussi 57 % des parents. [© Mauro PIMENTEL / AFP]

Sur l'épineuse question de la dépendance aux smartphones, parents et adolescents semblent se renvoyer la balle. C'est le constat d'une étude d'un think tank américain spécialisé dans les statistiques, publiée mercredi.

Que les jeunes y soient «addict», ce n'est plus tellement à prouver : ils le reconnaissent volontiers d'eux-mêmes. Mais l'assertion serait aussi vraie pour leurs parents.

Ainsi, si près de trois quarts d'entre eux (72 %) estiment que leur progéniture est distraite par son smartphone quand ils essaient d'avoir une conversation avec elle, la majorité des enfants (51 %) assurent avoir ce même sentiment avec leurs parents qui ont les yeux rivés sur leurs propres téléphones. Dès lors, il s'avère moins facile, pour un parent également dépendant, de convaincre la chair de sa chair des dangers de la surconsommation d'écran.

Plus globalement, parents et ados consomment l'écran de manière sensiblement similaire, révèle cette enquête menée par le Pew Research Center. Ainsi, 72 % des ados déclarent consulter leurs smartphones dès le réveil, un réflexe matinal qu'ont aussi 57 % des parents.

De même, si 31 % des jeunes reconnaissent perdre leur concentration en classe du fait qu'ils consultent leur téléphone, les parents sont encore plus nombreux (39 %) à connaître quelques absences sur leur lieu de travail à cause d'un texto, d'un fil Facebook ou d'un tweet.

Tous les temps d'écran ne se valent pas

En revanche, la nouvelle et l'ancienne génération ne semblent pas avoir le même degré de lucidité concernant l'excès de consommation du smartphone. Ainsi, plus de la moitié des ados (54 %) ont conscience de passer trop de temps sur leur écran, contre à peine un tiers des parents (36 %).

Enfin, si l'étude met en relief les effets de l'hyperconnexion sur l'utilisateur (environ 4 ados sur 10 disent ressentir de l'anxiété sans leur téléphone), elle apporte une nuance de taille : tous les temps passés devant le smartphone ne se valent pas.

Un quart d'heure de vidéos didactiques sur Youtube n'équivaut pas, en termes d'éveil et de connaissances, à un quart d'heure de vidéos sur les potins de la téléréalité : plus que l'écran lui-même, c'est son usage qui importe (ainsi que l'utilisateur, son histoire, sa motivation...). En ce sens, considérer le «temps d'écran» comme une donnée en soi serait un raccourci intellectuel à éviter à tout prix.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles