Affaire Lactalis : des parents portent plainte après le vol d'un ordinateur à la répression des fraudes

En janvier, 37 bébés ont été atteints de salmonellose après avoir consommé un produit d’alimentation infantile Lactalis avaient été recensés en France.[JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP]

Une plainte pour «dissimulation de preuves» a été déposée mercredi par les parents d'un enfant ayant consommé du lait infantile Lactalis, rapporte l'AFP. Des ordinateurs de la répression des fraudes, en charge de l'enquête, ont été volés en mai dernier. 

Trois ordinateurs et une tablette avaient été dérobés, le 10 mai dernier, lors d'un cambriolage dans une annexe parisienne de la DGCCRF (répression des fraudes), un des services en charge de l'enquête sur ce scandale autour du puissant groupe laitier, relate le Canard Enchaîné.

L'un des ordinateurs contenait des «éléments sensibles» liés à ce scandale pour lequel le parquet de Paris avait ouvert en décembre une enquête pour «blessures involontaires» et «mise en danger de la vie d'autrui», selon l'AFP.

Dans une déclaration à l'agence de presse, la DGCCRF a assuré qu'aucun document issu de l'enquête pénale n'a été dérobé mais qu'un des ordinateurs volés contenait des informations «relatives à la gestion administrative du retrait» des produits Lactalis.

Pour l'avocat du couple, Lactalis est protégé

«L'hypothèse d'un vol ciblé n'est pas établie à ce stade des investigations» confiées au commissariat du XIIIe arrondissement, «notamment parce que d'autres effets ont été volées dans différents étages et bureaux», a indiqué la source proche du dossier. 

Joint par l'AFP, l'avocat du couple attribue, lui, le vol à des «barbouzes» dans le but de dissimuler des preuves. Pour Me Yassine Bouzrou, le parquet de Paris «privilégie naïvement la thèse du hasard» en ne reliant pas les deux enquêtes. «La position du parquet renforce l'hypothèse que le groupe Lactalis est protégé, d'autant plus que l'usine incriminée a pu rouvrir» en juin à Craon (Mayenne), a-t-il dénoncé.

L'enquête préliminaire, qui dure depuis neuf mois, était toujours en cours fin août, selon une source judiciaire de l'agence de presse.

En janvier, 37 bébés atteints de salmonellose après avoir consommé un produit d'alimentation infantile Lactalis avaient été recensés en France, ainsi que deux en Espagne et un autre probable en Grèce. Le géant laitier a été critiqué pour avoir tardé à réagir après deux contrôles internes en août et novembre 2017.

En janvier, ce même couple, représenté par Me Bouzrou, avait déposé une plainte avec constitution de partie civile contre le groupe laitier et des services de l'État, les accusant d'une «administration de substances nuisibles ayant entraîné une infirmité permanente».

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