Twitter censure le compte d'une figure de «Charlie Hebdo» affichant un dessin de Charb

Le dessin du défunt Charb a été censuré par le réseau Twitter [Capture d'écran Twitter / @marika_charlie]

A la vue d'un sexe, l'oiseau bleu s'emballe. Figure historique de «Charlie Hebdo», Marika Bret s'indigne contre la censure de son compte Twitter. Une sanction due à une caricature de Charb.

Il y encore quelques jours, la photo de profil du compte @marika_charlie, inchangée depuis la création de la page il y a un peu plus de deux ans, mettait en avant un dessin de Charb

Le caricaturiste, assassiné avec onze de ses collègues dans les attentats contre la rédaction le 7 janvier 2015, y avait représenté un prêtre et un imam se touchant mutuellement le pénis, souligné par une légende grinçante : «Les extrêmes se touchent».

Un pied de nez à l'obscurantisme religieux et à la radicalisation des discours des deux confessions, réalisé il y a quelques années, qui semble ne pas être du goût des modérateurs de Twitter

La représentation crue d'un sexe masculin ? Son association indécente avec des représentants de la religion ? Des droits d'auteur ? Marika Bret, DRH du journal satirique, a reçu un message du réseau social lui informant que l'image aurait «enfreint les règles de Twitter», sans plus d'explications.

La proche du dessinateur défunt, qui plaide depuis toujours pour l'humour piquant du journal satirique et de son équipe, a porté une réclamation auprès de Twitter, pour l'instant restée sans réponse. Elle appelle désormais les internautes à s'insurger à son côté contre la politique de blocage de plus en plus restrictive de la firme de San Francisco et à partager largement le dessin satirique, comme le rapporte Marianne.

Elle a également décidé d'interpeller directement, sur la même plate-forme, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, et le secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi, les incitant à agir contre ces méthodes, menaces à la liberté d'expression. 

Un type de procès dont Charlie Hebdo doit toujours faire face, même après les tragiques attentats de 2015, relançant une nouvelle polémique à chaque Une visant l'extrémisme religieux. 

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